Le procès historique de l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a connu un nouveau rebondissement ce vendredi. Alors que la Haute Cour militaire s’apprêtait à prononcer son verdict, le juge président a annoncé la réouverture des débats, à la suite d’une requête déposée par les parties civiles.

« Il a été conclu qu’au jour d’aujourd’hui, la Haute Cour militaire allait prononcer son verdict. Cependant, hier, nous avons reçu une requête, et les parties civiles sollicitent la réouverture des débats », a déclaré le magistrat président à l’ouverture de l’audience.
Les avocats des parties civiles ont demandé que trois témoins supplémentaires soient entendus afin de mieux cerner les réseaux financiers des groupes armés, notamment les flux de financement des rebelles de l’Alliance des Forces Congolaises – Mouvement du 23 mars (AFC-M23), responsables d’une insurrection meurtrière dans l’Est de la RDC depuis 2022.
Plus explosif encore, ils ont sollicité que l’accusation de « trahison » soit requalifiée en « espionnage », affirmant que Joseph Kabila aurait utilisé une fausse identité durant ses 18 années à la tête du pays (2001-2019). Cette révélation, si elle est confirmée, pourrait modifier le cours du procès et alourdir les charges retenues contre l’ex-chef de l’État.
La demande inclut également une réévaluation des dommages et intérêts en faveur des victimes et des parties civiles, dans un contexte où les violences liées aux affrontements entre les FARDC et les rebelles soutenus par le Rwanda ont fait des milliers de morts et de déplacés dans le Nord-Kivu et l’Ituri.

Ouvert dans un climat tendu, ce procès est le premier de ce type dans l’histoire récente du Congo. Joseph Kabila, 54 ans, est jugé pour « participation à un mouvement insurrectionnel », « apologie des actes de terrorisme », et désormais potentiellement « espionnage ». L’ex-président, qui vit entre Lubumbashi et l’Afrique du Sud, est poursuivi pour son implication présumée dans la déstabilisation de l’Est du pays, où l’armée congolaise accuse le Rwanda de soutenir militairement les rebelles du M23.
Plusieurs observateurs estiment que cette affaire reflète un tournant dans la justice congolaise, qui s’attaque désormais à des figures jusque-là intouchables. Le pouvoir actuel du président Félix Tshisekedi affirme vouloir faire triompher l’État de droit, mais ses opposants dénoncent une instrumentalisation politique de la justice. La Haute Cour militaire devrait examiner la recevabilité de la requête dans les jours à venir. Si elle est acceptée, de nouvelles audiences permettront d’entendre les témoins cités par les parties civiles et d’analyser les documents bancaires mentionnés.
Ce développement pourrait repousser de plusieurs semaines le verdict attendu, dans un dossier déjà suivi de près par les chancelleries étrangères et les organisations internationales préoccupées par la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC.


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