La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda viennent de franchir une étape décisive dans la mise en œuvre de l’accord de Washington. Réunis à Kinshasa le 1er octobre 2025, les deux pays ont finalisé l’ordre d’opération pour la neutralisation des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et confirmé cette même date comme point de départ de l’offensive.
Cette décision a été prise lors de la troisième réunion du Comité conjoint de surveillance, en présence de représentants de la RDC, du Rwanda, des États-Unis, du Qatar, du Togo (facilitateur de l’Union africaine) et de la Commission de l’Union africaine. Washington, très impliqué, a publié un communiqué saluant l’avancée et appelant les deux parties à une application stricte des engagements pris.
Le document insiste notamment sur : la neutralisation effective du groupe armé FDLR et de ses alliés ; le désengagement progressif des forces rwandaises et la levée des mesures défensives ; l’accès garanti du CICR à tous les détenus dans le cadre des opérations ; l’abstention de tout discours ou acte hostile pouvant compromettre la mise en œuvre de l’accord.
Ce tournant intervient dans un contexte critique. Après l’échec du processus de Luanda et la chute de Goma et Bukavu, l’accord de Washington est devenu le principal socle de la médiation internationale. Il est complété par le processus de Doha, qui doit aborder les dimensions internes de la crise congolaise : restauration de l’autorité de l’État, désarmement et réintégration des groupes armés locaux.
En combinant ces deux volets, les partenaires espèrent traiter à la fois la dimension régionale du conflit marquée par l’implication directe du Rwanda et la dimension interne liée à la fragmentation politico-militaire congolaise. Si Kinshasa et Kigali affichent une volonté commune d’agir, la méfiance reste forte. Dans l’Est, les combats se poursuivent et la population peine à croire en une désescalade rapide. Plusieurs analystes rappellent que les précédents engagements entre les deux voisins ont souvent été minés par des accusations mutuelles de duplicité.
Pourtant, les partenaires internationaux se veulent optimistes. « Le comité a réaffirmé l’importance de passer des promesses aux actes », insiste le Département d’État américain, qui encourage les deux parties à honorer leurs engagements. Le comité a annoncé la tenue de sa quatrième réunion après celle du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS), prévue les 21 et 22 octobre prochains. Ce sera l’occasion d’évaluer les premiers résultats de l’opération et d’ajuster, si nécessaire, la stratégie commune.
L’enjeu dépasse le seul affrontement avec les FDLR. La réussite ou l’échec de cette opération pèsera lourd sur la crédibilité de l’accord de Washington, la confiance entre Kinshasa et Kigali, et plus largement sur la stabilité de la région des Grands Lacs. Si les opérations militaires prévues au 1er octobre produisent des résultats tangibles, elles pourraient ouvrir la voie à un apaisement relatif et donner une nouvelle chance au processus de Doha. À défaut, la méfiance et la spirale de violences risquent de l’emporter, réduisant encore l’espace des solutions diplomatiques.
La rédaction de b-onetv.cd


