Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont franchi un nouveau cap dans leur communication sur la guerre dans l’Est du pays. Samedi 3 janvier 2026, à Kinshasa, l’armée congolaise a présenté à la presse sept militaires rwandais ainsi que huit civils ressortissants de pays de la sous-région, capturés lors des opérations militaires menées dans l’Est de la RDC.
La présentation s’est tenue sous la conduite du commandant-adjoint du Service de commandement et d’information des FARDC (SCIFA), le lieutenant-colonel Marc (Mak) Hazukay, qui a affirmé que ces arrestations constituent une preuve supplémentaire de la présence de l’armée rwandaise sur le territoire congolais.
Selon le lieutenant-colonel Hazukay, les personnes présentées ont été appréhendées loin des zones frontalières, précisément lors des opérations menées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Un élément que l’armée congolaise juge déterminant pour démontrer, selon elle, le caractère offensif et non défensif de l’engagement rwandais en RDC.
« Depuis le début de cette guerre, la RDC a toujours affirmé, preuves à l’appui, qu’elle est agressée par le Rwanda. Aujourd’hui, l’occupation d’Uvira, située loin des frontières, démontre que les arguments sécuritaires avancés par Kigali ne sont qu’un mensonge », a déclaré l’officier.
Les FARDC dénoncent également une violation délibérée de l’Accord de Washington ainsi que de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appellent notamment au respect de la souveraineté de la RDC et à la cessation de tout soutien aux groupes armés. Pour l’armée congolaise, la capture de ces militaires rwandais confirme une implication directe de Kigali dans le conflit, en dépit des engagements internationaux pris ces derniers mois.
Le lieutenant-colonel Hazukay accuse par ailleurs le régime rwandais de manipuler des ressortissants des pays de la sous-région et de s’appuyer sur divers groupes armés, citant notamment le RED Tabala, dans le but de régionaliser le conflit armé à l’Est de la RDC.
Selon lui, cette stratégie vise à brouiller les responsabilités et à donner au conflit une dimension transnationale, au détriment de la stabilité régionale.
La présentation de ces captifs intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Au même moment, les rebelles de l’AFC/M23 ont lancé une offensive pour reprendre le contrôle du centre de Katoyi, chef-lieu du secteur du même nom, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu). Une situation qui illustre, une fois de plus, la complexité et la gravité du conflit en cours, alors que la RDC multiplie les démarches diplomatiques et militaires pour faire reconnaître ce qu’elle qualifie d’agression extérieure.
Par cette présentation publique, les FARDC entendent renforcer leur plaidoyer auprès de l’opinion nationale et internationale, en exposant ce qu’elles considèrent comme des preuves tangibles de l’implication rwandaise dans l’instabilité persistante de l’Est du pays.
JK


