Le député national Crispin Bindule, élu de Butembo (Nord-Kivu), a officiellement déposé ce lundi une pétition visant la destitution du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe. Ce geste marque un nouvel épisode des tensions internes au sein de la Chambre basse du Parlement, où plusieurs élus dénoncent une « gouvernance opaque » et « le blocage du fonctionnement institutionnel ».
Bindule accuse le président de l’Assemblée nationale de détournement de fonds, de mépris des préoccupations sociales des députés, de précipitation dans le vote des lois, ainsi que du blocage des mécanismes de contrôle parlementaire. Devant la presse, il a insisté : « Monsieur Vital Kamerhe a lui-même reconnu les griefs. Il a demandé pardon, mais le règlement intérieur ne prévoit pas qu’un président puisse échapper à des poursuites simplement parce qu’il s’excuse. »
Selon Crispin Bindule, plus de 200 députés ont déjà signé le document. Si ce chiffre se confirme, la majorité requise pour enclencher une procédure de destitution (soit 250 voix sur 500) pourrait être rapidement atteinte. L’élu du Nord-Kivu n’exclut pas d’aller plus loin : « Nous allons saisir la justice. Après sa destitution, une procédure pénale sera lancée. Vous avez constaté qu’il a fermé les bureaux. Nous avons dû recourir à la justice pour faire respecter nos droits. »
Cette initiative survient alors que l’Assemblée nationale entame sa session ordinaire de septembre, consacrée notamment à l’examen du budget 2026 et aux réformes institutionnelles. Vital Kamerhe, réélu président de l’Assemblée en mai 2024, fait face à une contestation croissante, y compris au sein de l’Union sacrée, la coalition présidentielle.
Plusieurs observateurs estiment que cette pétition traduit une fracture politique au sein de la majorité, à quelques mois des échéances électorales provinciales et locales prévues en 2026. Certains députés reprochent au bureau Kamerhe une gestion autoritaire et un affaiblissement du rôle de contrôle du Parlement face à l’exécutif.
Vital Kamerhe, figure influente de la politique congolaise et ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, a déjà été au cœur de polémiques judiciaires. Condamné en 2020 pour détournement de fonds dans le cadre du programme des 100 jours, il a bénéficié d’une libération conditionnelle avant de retrouver la scène politique. Son retour à la tête de l’Assemblée nationale avait été perçu comme un symbole d’équilibre politique au sein de la majorité.
La pétition déposée ce lundi pourrait fragiliser davantage cet équilibre, ouvrant une période d’incertitude institutionnelle. Le règlement intérieur prévoit que le bureau d’âge examine la recevabilité de la pétition et convoque une plénière pour débattre et voter sur la destitution. Si elle est adoptée, Vital Kamerhe pourrait être démis de ses fonctions, ouvrant la voie à une nouvelle élection à la présidence de l’Assemblée nationale.
Pour l’heure, Vital Kamerhe ne s’est pas publiquement exprimé sur cette nouvelle offensive parlementaire.


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