Les rideaux tombent sur une session parlementaire pas comme les autres. Après trois mois d’intenses activités au Palais du Peuple, les deux chambres du Parlement clôturent ce lundi leurs travaux, laissant derrière elles un bilan marqué par des réformes controversées, des joutes politiques et un contrôle gouvernemental particulièrement animé.
Au Sénat, l’attention reste focalisée sur la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Bien qu’elle ne figure pas parmi les dernières matières programmées par le Bureau, le texte poursuit son examen au sein de la Commission politique, administrative et juridique (PAJ), où il fait l’objet d’un ultime toilettage. Rien n’exclut cependant une adoption avant la fermeture officielle de la session.
Érigée en priorité par la majorité parlementaire, cette initiative portée par le député national Ngondankoy a suscité de vives oppositions. Malgré les manœuvres des élus de l’opposition pour en freiner l’évolution, la majorité est restée déterminée à faire aboutir ce projet de loi qui conférerait au Chef de l’État la possibilité de convoquer un référendum sur différentes questions jugées d’intérêt national.
Mais cette session n’a pas été uniquement dominée par les débats législatifs. Le contrôle parlementaire s’est également imposé comme l’un des temps forts des travaux. Plusieurs membres du Gouvernement ont été appelés à répondre devant les élus sur la gestion de leurs secteurs respectifs.
À l’Assemblée nationale, la motion de défiance visant le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a tenu l’opinion publique en haleine. Introduite par le député de Kisangani, Laddy Yangotikala, elle n’a finalement pas abouti, le ministre ayant échappé à cette procédure grâce à l’adoption d’une motion incidentielle.
La chambre basse a également reçu et examiné le rapport de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), un exercice attendu dans la perspective des prochaines échéances électorales. Au Sénat, cette session aura aussi été marquée par un changement au sein de son Bureau. À la suite de la démission de Modeste Bahati, Norbert Basengezi a été porté à la vice-présidence, actant ainsi un remodelage de l’équipe dirigeante de la chambre haute.
Avec la clôture de cette session ordinaire, les députés nationaux et sénateurs regagnent désormais leurs circonscriptions électorales. Un retour aux bases où ils sont attendus pour rendre compte à leurs électeurs du travail accompli au cours de ces trois derniers mois, dans un contexte politique où les attentes de la population demeurent particulièrement élevées.
Alain Mboma


