À quelques jours de la rentrée scolaire, le climat se tend dans le secteur de l’éducation nationale. Réunis en assemblée générale extraordinaire, ce mardi au siège de Kinshasa, les syndicats regroupés au sein de l’Intersyndicale des enseignants du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté ont dressé un bilan amer de la mise en œuvre des engagements conclus avec le gouvernement lors des commissions paritaires de Bibwa et de Mbuela Lodge.
Les syndicats reconnaissent quelques avancées, parmi lesquelles le paiement – certes tardif – mais complet des 100.000 FC promis, la généralisation progressive du régime contributif pour l’accès aux soins de santé via la mutuelle, ainsi que l’annonce de la création d’une commission interministérielle, encore en suspens.
Mais au-delà de ces gestes jugés insuffisants, la liste des revendications restées lettre morte reste considérable. Les enseignants pointent du doigt : l’absence d’uniformisation de la prime de gratuité au primaire, le non-paiement régulier des salaires dans plusieurs provinces, le blocage de l’octroi des numéros matricules, le retard dans la délivrance des diplômes pour les promotions 2023 et 2024, le non-règlement des allocations de fin de carrière pour des enseignants retraités depuis parfois plusieurs décennies.
À cela s’ajoutent le non-paiement des intervenants aux examens nationaux, la non-régularisation administrative de nombreux agents et inspecteurs, ainsi que l’absence persistante de promulgation des statuts particuliers de la profession. Si l’Intersyndicale dit saluer la « volonté affichée » du Chef de l’État, exprimée lors du dernier Conseil des ministres du 22 août, elle déplore l’« inertie du gouvernement » dans la matérialisation concrète de ces engagements.
Face à cette situation, un préavis de grève a été lancé pour trois jours, du 26 au 29 août. Passé ce délai, et en l’absence de réponses concrètes, une grève sèche à durée indéterminée sera déclenchée à partir du 1er septembre, touchant toutes les structures du ministère de l’Éducation nationale : secrétariat général, inspection générale, bureaux gestionnaires et établissements scolaires.
Un mouvement qui pourrait encore se durcir, préviennent les syndicats, si leurs revendications ne trouvent pas satisfaction. Alors que des millions d’élèves et de parents se préparent à la rentrée 2025-2026, l’éducation congolaise se retrouve une nouvelle fois au bord d’une crise majeure.
Constantin Ntambwe


