À deux semaines de la rentrée scolaire fixée au mardi 1er septembre 2026, la préparation de l’année académique 2026-2027 est au cœur des priorités nationales en République Démocratique du Congo. Entre revendications sociales, exigences sécuritaires et défis logistiques, le gouvernement tente de sécuriser le calendrier pour assurer une reprise effective sur toute l’étendue du territoire national.
Lors du Conseil des ministres du vendredi 14 août, le président Félix Tshisekedi a enjoint l’exécutif de mobiliser tous les moyens nécessaires pour garantir une rentrée apaisée, effective et inclusive. La Première ministre Judith Suminwa a été chargée de coordonner un dispositif spécial avec la ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté.
L’objectif principal reste la consolidation des acquis de la gratuité de l’enseignement primaire et la préservation du climat social par le dialogue permanent avec les partenaires syndicaux. Du côté du corps enseignant, la tension est demeurée vive tout au long du mois d’août. Plusieurs intersyndicales ont brandi la menace d’un boycott des cours si les promesses salariales et le paiement des arriérés ne sont pas honorés.
Pour parer à la crise et désamorcer le mouvement de grève, le Ministère de l’Éducation, à travers la DINACOPE, a présenté d’importantes mesures d’apaisement financier. Ces dispositions prévoient notamment la régularisation salariale de plus de 23 000 enseignants sous-payés, la suppression du prélèvement indu de 20 000 francs congolais sur la prime de gratuité, ainsi que l’assainissement du fichier paye ayant permis de dégager 471 millions de francs congolais en radiant des agents administratifs fictifs.
Au-delà des négociations salariales, la rentrée s’inscrit dans un contexte sécuritaire, sanitaire et organisationnel particulièrement complexe. Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, affectées par les conflits à l’Est, une attention particulière est accordée à l’accueil et à l’intégration des milliers d’enfants déplacés. En parallèle, la vigilance épidémiologique impose le déploiement de protocoles d’hygiène renforcés dans les établissements.
Enfin, dans les grandes agglomérations comme Kinshasa, les autorités mettent en place un plan spécial de circulation routière et de sécurisation des abords des écoles aux heures de pointe pour faciliter le déplacement des élèves.


