La République démocratique du Congo a réaffirmé, avec fermeté, son engagement en faveur de la paix durable dans la région des Grands Lacs, lors de la réunion extraordinaire des ministres de la Défense des États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), tenue samedi 10 janvier à Livingstone, en Zambie. Cette rencontre était principalement consacrée à la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC, marquée par la poursuite des combats entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.

La session ministérielle s’inscrit dans une dynamique institutionnelle progressive. Elle a été précédée, le jeudi 8 janvier, par la réunion du Comité spécialisé d’experts en défense de la CIRGL, suivie, le vendredi 9 janvier, par la réunion extraordinaire des chefs d’état-major des forces de défense des États membres. Ces instances sont chargées de veiller à la mise en œuvre effective du Protocole de la CIRGL sur la non-agression, pierre angulaire de la sécurité collective dans la région.
Parmi les principaux dossiers examinés figurait l’évaluation du fonctionnement du Mécanisme conjoint élargi de vérification (MCVE), chargé d’enquêter et de surveiller les incidents sécuritaires dans l’espace des Grands Lacs. Ce dispositif, bien que stratégique, peine à se réunir régulièrement et à produire des rapports opérationnels, affaiblissant ainsi son efficacité.

Les chefs d’état-major ont été appelés à formuler des recommandations concrètes en vue de la relance du mécanisme, recommandations soumises ensuite aux ministres de la Défense pour décision. La RDC hausse le ton : la paix ne peut plus attendre Intervenant au nom de la RDC, le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a livré un message sans ambiguïté.
« La paix ne peut plus être retardée, ni conditionnée à des calculs politiques », a-t-il martelé, soulignant que les mécanismes régionaux doivent impérativement devenir crédibles, pleinement opérationnels et dissuasifs, afin de protéger les populations civiles et de rompre avec les cycles récurrents de violences.
Selon un communiqué du ministère de la Défense, le VPM a particulièrement insisté sur l’opérationnalisation effective du Mécanisme Conjoint de Vérification Élargi Plus (MCVE+), qu’il considère comme un véritable test de crédibilité pour la CIRGL et pour l’ensemble de la région des Grands Lacs. Les ministres de la Défense ont également procédé à l’intronisation officielle du nouveau commandant et du commandant adjoint du MCVE, basé à Goma. Cette étape vise à renforcer la chaîne de commandement et à redonner de la vigueur à ce mécanisme régional, appelé à jouer un rôle central dans la stabilisation de l’est de la RDC.

Au cœur de la feuille de route sécuritaire figure l’opérationnalisation concrète des processus de Washington et de Doha, notamment en ce qui concerne le cessez-le-feu. Pour rappel, le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 ont signé, le 14 octobre 2025 à Doha, un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, à l’issue du sixième round de discussions facilité par l’État du Qatar. Toutefois, sa mise en œuvre sur le terrain demeure confrontée à de sérieuses difficultés, principalement en raison du caractère encore partiellement opérationnel du mécanisme de vérification, largement adossé au MCVE de la CIRGL.
La redynamisation du MCVE apparaît désormais comme une condition indispensable pour garantir une surveillance effective du cessez-le-feu, renforcer la confiance entre les parties et assurer la crédibilité des engagements régionaux et internationaux. Pour Kinshasa, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à des actions mesurables, capables de traduire les accords politiques en une paix réelle et durable pour les populations de l’est de la RDC.
La rédaction de b-onetv.cd


