Dans une salle tendue, les micros à peine stabilisés, le ton était donné. Pas de détour, pas de diplomatie feutrée. Face à la presse ce mercredi, Modeste Bahati Lukwebo a choisi la franchise comme ligne de conduite. Opposé à toute révision constitutionnelle à ce stade, il a recadré un débat qu’il juge biaisé et parfois empreint d’opportunisme.
« Il ne faut pas être hypocrite. Quand on aime son chef, on lui dit la vérité », a-t-il lancé, dans une formule qui sonne comme un avertissement à peine voilé à ceux qui, au nom de la loyauté politique, plaident pour un toilettage de la Loi fondamentale.
Pour Bahati Lukwebo, la question est mal posée. « Le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », martèle-t-il. Autrement dit, la crise ne résiderait pas dans les dispositions constitutionnelles, mais dans leur application. Une manière de rappeler que la norme, aussi parfaite soit-elle, ne vaut que par la volonté de ceux qui la mettent en œuvre.
Il s’interroge également sur l’argument du temps : « Il ne suffit pas de dire que la Constitution est dépassée 17 ans après. C’est quelle théorie scientifique ? » Derrière l’ironie, une critique frontale de ceux qui estiment que l’évolution politique justifie mécaniquement une révision.
Plus incisif encore, il pointe ce qu’il considère comme une contradiction : « Je ne comprends pas comment ceux qui se disent géniteurs, ceux qui devraient protéger cette Constitution, disent aujourd’hui le contraire. » Allusion transparente aux acteurs politiques qui, hier défenseurs acharnés du texte, plaident désormais pour sa modification.
À travers cette sortie médiatique, Bahati Lukwebo ne se contente pas d’exprimer une opinion personnelle. Il réactive un débat sensible sur la stabilité institutionnelle, la crédibilité des engagements politiques et la maturité démocratique du pays. En filigrane, son message est limpide : avant de réécrire la loi, il faudrait peut-être apprendre à la respecter.
Junior Kulele


