Des files interminables de camions, des voyageurs bloqués pendant des heures, des marchandises retardées et une économie qui tourne au ralenti. Depuis plusieurs semaines, la Route Nationale numéro 1, principal corridor reliant Kinshasa au Kongo Central, est devenue le symbole d’une paralysie inquiétante. Face à une situation devenue critique, le Gouvernement central a décidé d’accélérer la riposte.
Réunie mardi autour de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, une cellule de crise regroupant ministres nationaux, autorités provinciales, représentants de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) ainsi que la Société de péage du Congo (SOPECO), a annoncé une série de mesures d’urgence destinées à fluidifier progressivement la circulation sur cet axe stratégique.
Au cœur des nouvelles dispositions figure le déploiement immédiat d’une unité spéciale de la Police nationale dans plusieurs zones considérées comme les principaux points noirs de la RN1. Le ministre des Infrastructures, John Banza, cite notamment Kasangulu où se poursuivent les travaux ainsi que le secteur du Triangle/Cité Verte, régulièrement étouffé par des bouchons monstres. Objectif : rétablir l’ordre dans la circulation, limiter les blocages anarchiques et encadrer le trafic pendant les travaux de réhabilitation.
Autre annonce majeure : le lancement effectif des travaux de contournement afin de désengorger certaines portions devenues impraticables. Le Gouvernement veut créer des solutions alternatives temporaires pour permettre une meilleure mobilité des véhicules lourds et des usagers pendant les chantiers en cours. Des discussions sont également en cours sur la possibilité d’installer des guichets avancés aux postes de péage afin d’accélérer le passage des véhicules et réduire les longues files d’attente.
Au-delà des désagréments quotidiens, les autorités reconnaissent que la crise des embouteillages sur la RN1 menace directement l’économie. Cette route représente l’un des principaux axes d’approvisionnement entre Kinshasa et le port de Matadi. Chaque ralentissement provoque des conséquences immédiates : hausse des coûts de transport, retards dans les livraisons, perturbations commerciales et augmentation des prix de certains produits dans la capitale.
Pour les entreprises, les transporteurs et les commerçants, chaque heure perdue sur la RN1 se transforme en pertes financières. La mobilisation du Gouvernement traduit donc l’importance stratégique de cet axe vital pour l’économie nationale. Face à l’ampleur des travaux à venir, les autorités appellent également les chauffeurs au respect des consignes routières et au civisme.
Le Gouvernement prévient qu’une circulation alternée pourrait être imposée dans certaines zones afin de faciliter les opérations techniques et éviter l’asphyxie complète du trafic. Entre pression économique, urgence logistique et colère des usagers, Kinshasa et le Kongo Central jouent désormais une course contre la montre pour éviter que la RN1 ne devienne un véritable point de rupture pour la mobilité et l’économie du pays.
Junior Kulele


