Sous le thème « Les voies de la prospérité : une vision commune du partenariat entre les États-Unis et l’Afrique », la capitale angolaise accueille depuis ce lundi la 17ᵉ édition du Sommet des affaires États-Unis-Afrique. Un événement de haut niveau qui réunit plus de 1 500 délégués, des chefs d’État africains, des hauts responsables américains ainsi que des acteurs économiques majeurs des deux continents.

La République Démocratique du Congo (RDC) y est représentée par le Président Félix Tshisekedi, dont la participation témoigne de la volonté de Kinshasa de s’inscrire pleinement dans une dynamique d’intégration économique continentale et de renforcement des liens avec Washington.
Organisé en partenariat entre le gouvernement angolais et le Corporate Council on Africa (CCA), ce sommet met l’accent sur l’expansion des échanges commerciaux, des investissements et des partenariats stratégiques. L’objectif : bâtir une relation plus équilibrée et mutuellement bénéfique entre les États-Unis et l’Afrique.
Les discussions abordent notamment les secteurs prioritaires suivants : Énergie et infrastructures ; Agriculture et agro-industrie ; Santé publique et innovation médicale ; Transition numérique et inclusion financière.

Outre la RDC, plusieurs pays africains sont représentés par leurs plus hautes autorités : Botswana, Gabon, Éthiopie, Mauritanie, Namibie, Burundi, Cap-Vert, Eswatini, Sao Tomé-et-Principe, et République centrafricaine. Le président João Lourenço, hôte du sommet et prochain président en exercice de l’Union africaine, joue un rôle moteur dans ces discussions continentales.
Côté américain, la délégation est menée par Troy Fitrell, haut responsable du Bureau des affaires africaines au Département d’État, et Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique à la Maison Blanche. Leur présence souligne l’importance stratégique que l’administration américaine accorde à l’Afrique dans ses priorités économiques et diplomatiques.
En marge du sommet, des sources proches du dossier évoquent de possibles échanges bilatéraux entre Félix Tshisekedi et les émissaires américains concernant l’accord de paix en gestation entre la RDC et le Rwanda. Finalisé après plusieurs mois de négociations trilatérales Washington-Kigali-Kinshasa, le texte est prêt pour signature, avec une mise en œuvre immédiate attendue.
La présence des diplomates américains engagés dans ce processus laisse entrevoir une avancée décisive sur le front diplomatique, alors que la RDC cherche à stabiliser durablement sa région orientale, en proie à la rébellion du M23 soutenue par Kigali.

Au-delà des questions politiques, la RDC mise sur ce sommet pour renforcer son attractivité économique, notamment à travers des projets structurants comme le corridor de Lobito, une initiative transfrontalière qui reliera l’Angola, la RDC, la Zambie et potentiellement la Tanzanie. Ce projet d’infrastructure vise à fluidifier les échanges régionaux, réduire les coûts logistiques et ouvrir de nouvelles voies de commercialisation pour les ressources congolaises.
La participation de la RDC à ce sommet s’inscrit dans une double logique : diversifier ses partenariats économiques et s’affirmer comme un acteur central de la stabilité régionale. Pour Kinshasa, ce sommet de Luanda représente autant une vitrine diplomatique qu’un levier stratégique pour mobiliser des investissements, sceller des alliances et consolider la paix durable dans la région des Grands Lacs.
Junior Kulele


