Soixante-six ans après son indépendance, la République démocratique du Congo est à un tournant de son histoire économique. Malgré un sous-sol parmi les plus riches de la planète, le pays continue de tirer peu de bénéfices de ses immenses ressources naturelles. Les minerais quittent encore largement le territoire à l’état brut, privant l’économie nationale de milliers d’emplois, d’industries et de recettes à forte valeur ajoutée.
Aujourd’hui, les autorités congolaises affichent leur volonté de rompre avec ce modèle hérité de plusieurs décennies d’économie extractive. Cette ambition s’est notamment traduite par l’accord stratégique conclu en décembre dernier entre la RDC et les États-Unis, qui fait de la transformation locale des minerais un pilier de la coopération économique entre les deux pays.
Dans son discours à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a réaffirmé cette orientation, insistant sur la nécessité de faire des ressources minières un véritable levier d’industrialisation et de prospérité pour les Congolais. Cette vision commence à prendre corps sur le plan législatif avec la proposition de loi portée par le député national Thierry Mulumba Mpandajila.
Déjà déposée à l’Assemblée nationale, cette initiative entend combler les insuffisances du Code minier en instaurant un cadre juridique favorisant la transformation locale des substances minérales et le développement de chaînes de valeur sur le territoire national. Le texte poursuit un objectif clair : faire passer la RDC d’un simple pays exportateur de matières premières à une nation capable de produire, transformer et exporter des produits à forte valeur ajoutée.
Industrialisation, création d’emplois, diversification de l’économie et croissance durable figurent parmi les principaux axes de cette réforme. Au-delà du débat parlementaire, cette vision de la souveraineté économique gagne désormais le monde académique. Soucieux d’associer la jeunesse à cette réflexion, le député de Demba, dans le Kasaï-Central, a lancé un concours interuniversitaire national consacré à la loi Mpandajila.
Cette compétition invite les étudiants à imaginer des solutions innovantes pour développer les industries de transformation des minerais en RDC, avec pour ambition de faire émerger une nouvelle génération d’acteurs capables de porter le projet d’industrialisation du pays. La première demi-finale a été remportée par l’Université officielle de Mbuji-Mayi, qui décroche ainsi son billet pour la finale nationale. La deuxième demi-finale est attendue au mois d’août, avant la grande finale prévue en octobre prochain.
À travers cette initiative, le débat sur la souveraineté économique quitte progressivement les discours pour s’installer au cœur des universités, des institutions et de l’agenda politique. Pour ses promoteurs, la transformation locale des minerais constitue désormais l’un des principaux leviers pour permettre à la RDC de convertir enfin son immense potentiel minier en développement durable et en prospérité partagée.
Alain Mboma


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