À peine quarante-huit heures après la signature des accords de Washington censés ouvrir une nouvelle phase de détente entre la RDC et le Rwanda, l’armée congolaise accuse Kigali et ses alliés de l’Alliance Fleuve Congo/M23 d’avoir lancé une série de bombardements ciblant des zones habitées dans la plaine de la Ruzizi, sur l’axe Kamanyola–Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
Selon le porte-parole des FARDC, le Général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, la situation est « grave » et les attaques constituent un « crime odieux » ayant « fauché plusieurs civils congolais et détruit des infrastructures sociales essentielles ».
D’après le communiqué militaire, les tirs d’artillerie auraient été menés depuis Bugarama, au Rwanda, dès le jeudi 4 décembre, frappant des localités densément peuplées. Plusieurs écoles, centres de santé, maisons d’habitation ainsi que des infrastructures publiques auraient été touchées. Le bilan humain reste provisoire, mais les FARDC évoquent plusieurs morts parmi les civils.
Pour les autorités militaires congolaises, ces bombardements constituent une tentative de sabotage du processus engagé aux États-Unis sous l’égide de Washington et du Qatar. Les FARDC dénoncent une « posture provocatrice de Kigali », visant à « défier la communauté internationale » et à remettre en cause la dynamique diplomatique pourtant actée il y a seulement deux jours.
Alors que les combats se poursuivent dans le Sud-Kivu, plusieurs sources locales signalent des mouvements de populations fuyant les zones attaquées. Des habitants auraient cherché refuge de l’autre côté de la frontière, au Rwanda. Le M23 affirme de son côté que les forces congolaises et leurs alliés burundais utiliseraient des civils comme boucliers humains des accusations rejetées par Kinshasa.
Ces attaques interviennent dans un contexte déjà tendu, marqué par des confrontations persistantes entre les FARDC et l’AFC/M23 depuis plusieurs semaines. Les destructions récentes aggravent une situation humanitaire critique, avec des infrastructures sanitaires et éducatives désormais hors service dans plusieurs zones de la Ruzizi.
L’armée congolaise assure maintenir son dispositif militaire et affirme sa « farouche détermination » à défendre la souveraineté nationale face aux « velléités bellicistes » du Rwanda et de ses alliés rebelles. « Nous nous battrons jusqu’au dernier sacrifice », martèle l’état-major, qui appelle la communauté internationale à constater les violations et à agir.
Ces bombardements interviennent au moment même où Kinshasa et Kigali s’engagent officiellement, sur la scène internationale, à œuvrer pour l’apaisement et la coopération régionale. La reprise immédiate des hostilités risque ainsi de fragiliser davantage un processus de paix naissant, déjà confronté à une méfiance profonde entre les deux pays.
Junior Kulele


