La rumeur avait enflammé les réseaux sociaux et suscité l’enthousiasme d’une partie de l’opinion congolaise. Mais Tony Yoka vient de couper court aux spéculations. Contrairement aux informations récemment relayées, le champion olympique de Rio 2016 ne changera pas de nationalité sportive et ne défendra pas les couleurs de la République démocratique du Congo aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Dans une vidéo publiée ce mardi 24 février sur ses réseaux sociaux, le boxeur franco-congolais a tenu à clarifier sa position, après plusieurs heures de confusion autour d’une licence prise auprès de la Fédération congolaise de boxe. Visiblement soucieux de rétablir la vérité, Tony Yoka a dénoncé les interprétations hâtives qui circulaient sur la toile. « En aucun cas il n’est question que je change de nationalité sportive », a-t-il martelé dans une séquence vidéo d’environ une minute trente.
La veille, le boxeur avait pourtant publié un message évoquant sa fierté de « faire rayonner la République démocratique du Congo aux yeux du monde », accompagné d’une photo de sa licence congolaise. Un message qui avait été interprété comme un basculement historique vers la RDC.
Tony Yoka précise aujourd’hui que cette licence a été prise dans un cadre strictement professionnel, en vue de son combat prévu en fin d’année contre le poids lourd congolais Martin Bakole. « On a décidé avec mon adversaire de prendre notre licence au Congo… ça n’a rien à voir avec ma nationalité sportive », a-t-il expliqué, rappelant qu’il aurait pu faire la même démarche aux États-Unis ou en Angleterre, où il s’entraîne régulièrement.
La Fédération française de boxe, par la voix de son président Denis Nato, avait d’ailleurs déjà confirmé qu’aucun changement de drapeau n’était envisagé. Si Tony Yoka reste attaché à la France sur le plan sportif, il n’en renie pas pour autant ses racines congolaises. Lors de son récent séjour de deux semaines en RDC, il a rencontré sa famille, le ministre des Sports ainsi que le président Félix-Antoine Tshisekedi, avec qui il a évoqué des projets structurants pour la jeunesse.
Parmi eux, l’ouverture d’une académie de boxe à Kinshasa, destinée à former la nouvelle génération de champions. « On a un projet d’ouvrir une académie de boxe à Kinshasa… mais en aucun cas il n’est question que moi j’aille aux Jeux olympiques représenter la RDC », a-t-il insisté. « Je suis et je resterai un champion olympique français. »
L’épisode illustre la puissance des symboles dans le sport et la rapidité avec laquelle une information peut être amplifiée. Pour la RDC, l’idée de voir un champion olympique défendre ses couleurs avait suscité un fort engouement. Pour Yoka, il s’agissait avant tout d’un projet sportif et humanitaire, sans remise en cause de son identité sportive française. Un épisode qui rappelle que, dans l’ère des réseaux sociaux, une image peut faire naître un mythe… avant qu’une vidéo ne le fasse tomber.
Tony Yoka a enfin promis une annonce dans les prochaines 48 heures concernant son prochain combat, relançant l’intérêt autour de sa carrière sportive, alors qu’il cherche à se repositionner parmi l’élite des poids lourds.
JK


