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Tracasseries Routières : Police Spéciale de Roulage contre Conducteurs

4 ans ago
in Société
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Tracasseries Routières : Police Spéciale de Roulage contre Conducteurs
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Les faillites en cascade des sociétés publiques de transport en commun en RDC ont conféré le monopole d’exploitation aux petits opérateurs avec leurs minibus et taxis collectifs, sans oublier les motos-taxis. A Kinshasa comme partout dans d’autres provinces, les conducteurs des transports en communs sont quotidiennement victimes de tracasseries de la part des policiers. Les conducteurs ne cessent d’exprimer leur mécontentement face au racket de la police spéciale de roulage. Sur les artères, c’est la « rage routière », des comportements agressifs de la police spéciale de roulage à l’origine souvent des troubles à l’ordre public et parfois des embouteillages.

Dans cette traque effrénée, à part les infractions routières parfois aussi inventées. Il s’agit essentiellement des décisions prises par les autorités publiques, comme le contrôle technique, le permis de conduire, la vérification des documents de bord, le lancement des campagnes de recouvrement forcé de la vignette ou de l’assurance automobile. Pareilles opérations ont pour effet d’accroître les capacités de ponction, de racket de la part de la police de roulage.

Peu des mots sur la réactivité des autorités publiques lorsque les tracasseries policières dégénèrent jusqu’à risquer de présenter un trouble à l’ordre public. Souvent, à des moments précis, c’est la courtoisie routière à la congolaise, au cours de laquelle les autorités publiques interdisent aux policiers de contrôler les documents de bord et d’arrêter les automobilistes, dans le but de diminuer les tracasseries et la corruption dont se plaignent les petits opérateurs de transport en commun. Les mesures de courtoisie routière présentent l’avantage d’ouvrir un espace de concertation et de négociation à tous les acteurs clés intervenant dans la fourniture du transport urbain et pouvant agir efficacement sur le terrain pour apaiser la pique de tension entre policiers et automobilistes.

Dans un contexte caractérisé par une profonde crise socio-économique et l’incapacité de l’État à prendre en charge son personnel. Tout le monde évolue au rythme de l’injonction « débrouillez-vous!». Ainsi, les agents de la PCR ont trouvé un mécanisme de prélèvements au sein de la société : la corruption, un acte de trahison de l’agent, au regard du mandat qui lui a été confié par le mandant. Dans un tel contexte, les autorités publiques ne pouvant faire autrement que d’encourager implicitement ces arrangements informels. Cependant, ces mêmes autorités publiques manifestent l’ombre de la hiérarchie, l’État connait une érosion spectaculaire de son pouvoir, mais il continue à garder son influence en voulant jouer son rôle primordial.

Ce décalage entre missions et moyens amène les agents de l’État à produire des normes informelles, tacites ou latentes parmi lesquelles la petite corruption en complicité avec leurs commandants. Aux maigres salaires de l’État viennent s’ajouter d’importantes sources informelles de revenus bien classifiées selon les bénéficiaires. Chaque jour, les policiers qui sont sur la voie publique ont un quota de véhicules à arrêter et à acheminer au bureau de la police spéciale de roulage de manière à permettre d’avoir une trésorerie aisée.

Les conducteurs de transport en commun sont tenus de verser quotidiennement un montant bien déterminé aux agents de la police spéciale de roulage pour ne pas faire l’objet d’une interpellation. On parle de mbote ya likasu, expression qui se traduit littéralement par « poignée de main accompagnée d’une noix de cola ». Pour certains grands consommateurs de bière, ils se partagent cette noix qui aurait, selon le commun des mortels, la propriété d’atténuer les effets de l’alcool. En d’autres termes, c’est par ce geste que les chauffeurs neutralisent les agents de la police spéciale de roulage en remplaçant la noix de cola par le billet de banque.

À défaut de ne pas se conformer à ce code de conduite ou de ne pas être protégé par certains officiers de la police ou de l’armée, tout conducteur voit son véhicule immobilisé et s’expose donc au paiement d’une amende, soit au bénéfice des agents de la police spéciale de roulage, lorsque l’arrangement particulier à l’amiable est trouvé avant d’arriver au bureau. Les usagers de la route se retrouvent ainsi transformés en “vaches à lait” à traire absolument, et ce, jusqu’à la dernière goutte.

À tout point de vue, il ne fait aucun doute que le point fort de l’usager constitue le point faible de l’agent de l’ordre et vice versa. Le premier a l’argent, mais il ne trouve aucun intérêt à se mettre en règle ; le second dispose du pouvoir de répression, mais l’argent lui fait défaut. D’où la nécessité de « coopérer », de trouver des arrangements particuliers.
De la même manière, certains conducteurs à Kinshasa disent ya biso na ba roulages eza libala, c’est-à-dire « les deux parties sont liées par une relation de “mariage” ».

En cas d’interpellation, il est courant d’entendre de part et d’autre l’invocation de certaines autres expressions telles que boma moto et solola bien, ce qui se traduit littéralement par « éteindre le feu » et « engager une bonne discussion », devant déboucher sur un compromis financier satisfaisant pour toutes les parties.

L’Association des chauffzurs du Congo ( ACCO) considère que les tracasseries des policiers sont devenues insupportables, elle peut alors décider de la rupture de la fourniture du transport en commun pour amener le gouvernement central ou provincial à rappeler à l’ordre les agents de la PCR. Dans la mesure où l’offre des sociétés publiques d’autobus fait défaut à Kinshasa et dans d’autres villes du pays, où il n’y a que des petits opérateurs qui font le transport en commun, Il est urgent de trouver la manière de mener des politiques publiques ou des campagnes de sensibilisation en vue d’améliorer la sécurité routière.

La rédaction de b-onetv.cd

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