Un scandale à forte résonance diplomatique secoue la République démocratique du Congo. Jean de Dieu Mutebwa Mulumba, deuxième conseiller à l’ambassade de la RDC en Belgique, a été interpellé en Bulgarie alors qu’il transportait près de 206 kilogrammes de cocaïne, dissimulés dans une fourgonnette immatriculée en Belgique et en direction de la Turquie.
Selon les autorités bulgares, la cargaison a été découverte lors d’un contrôle de routine à la frontière, dans le district de Haskovo, une zone stratégique de transit. Le procureur Ivan Stoyanov a indiqué que la drogue, soigneusement cachée dans le véhicule, est estimée à plus de 20 millions d’euros, soit environ 22 millions de dollars. Il s’agirait de l’une des plus grosses saisies de stupéfiants jamais réalisées à cette frontière terrestre.
Trois personnes ont été arrêtées : Jean de Dieu Mutebwa Mulumba, 40 ans, diplomate congolais accrédité à Bruxelles ; Un ressortissant belge de 54 ans ; Un chauffeur bulgare de 43 ans. Les autorités bulgares ont ouvert une enquête approfondie pour déterminer l’étendue du réseau criminel derrière cette opération.
L’affaire prend une tournure encore plus délicate sur le plan politique, car Jean de Dieu Mutebwa Mulumba est l’ancien époux de la fille de François Beya, ex-conseiller spécial en matière de sécurité du président Félix Tshisekedi, aujourd’hui déchu. Face aux spéculations, la famille Beya a publié un communiqué pour clarifier sa position : « M. Mutebwa n’est plus marié à notre fille depuis maintenant trois ans », précise la note.
Elle dit avoir appris « avec effroi » cette arrestation pour des faits graves, qu’elle « déplore avec la plus grande fermeté« , tout en s’insurgeant contre « tout raccourci, amalgame ou tentative d’association déplacée » à son nom.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a émané du ministère congolais des Affaires étrangères ni de l’ambassade de la RDC à Bruxelles. La question de l’immunité diplomatique pourrait se poser, mais dans le cas de crime grave comme le trafic de drogue, cette protection est souvent levée par l’État hôte ou le pays d’origine.
Cette arrestation jette une nouvelle ombre sur l’intégrité du corps diplomatique congolais, déjà critiqué pour des nominations opaques, politisées et parfois peu rigoureuses. L’implication présumée d’un diplomate dans un réseau international de narcotrafic pourrait ternir davantage l’image du pays à l’étranger et entraîner des réformes pressantes dans le secteur diplomatique.
L’enquête se poursuit en Bulgarie, avec l’implication des autorités douanières, policières et judiciaires européennes. Des perquisitions et vérifications complémentaires sont en cours pour déterminer l’origine de la drogue, le réseau de distribution visé en Turquie, et les complicités transnationales éventuelles. L’affaire Mutebwa pourrait bien être le début d’un dossier tentaculaire, mêlant diplomatie, crime organisé et trafic transfrontalier.


