Un an après son investiture, le Gouvernement Judith Suminwa affiche un bilan en demi-teinte. Si des progrès notables ont été enregistrés sur le plan économique, les promesses de paix et de stabilité restent largement insatisfaites, en particulier dans l’Est du pays, toujours meurtri par la guerre.

Nommée le 1er avril 2024, Judith Suminwa Tuluka est entrée dans l’histoire comme la première femme à accéder au poste de Première ministre en République démocratique du Congo. Elle hérite alors d’un pays profondément divisé, en proie à un conflit armé aggravé par l’implication du Rwanda dans l’Est. Dès son investiture, la cheffe du gouvernement s’est engagée à ramener la paix dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où les populations vivent sous la menace des armes depuis plus de trois décennies.
Pour soutenir l’effort de guerre, le Gouvernement Suminwa a alloué plus d’un milliard de dollars au secteur de la défense, augmenté la solde des militaires, et renforcé le soutien logistique aux Forces armées. Ces mesures sont intervenues après les pertes douloureuses de Goma et Bukavu début 2025. Mais malgré ces investissements, les résultats sur le terrain militaire demeurent peu convaincants. Les groupes armés continuent d’avancer, et la souveraineté de l’État est toujours contestée dans plusieurs zones.
Face à l’échec militaire, la diplomatie congolaise, portée notamment par la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba, a pris le relais. Sous sa houlette, la RDC a mené une offensive politique sur la scène internationale : condamnations du Rwanda au Conseil de sécurité de l’ONU, sanctions ciblées, isolement diplomatique progressif de Kigali au sein de l’Union européenne et de la SADC. C’est sur ce terrain que le Gouvernement Suminwa a pu revendiquer quelques victoires symboliques, même si leur impact concret sur le terrain reste limité.
C’est peut-être dans le domaine économique que le Gouvernement Suminwa récolte ses fruits les plus visibles. Malgré un contexte difficile, la stabilité du taux de change autour de 2 856 CDF/USD depuis août 2024 rassure les marchés. L’inflation, qui dépassait 23 % fin 2023, a été ramenée sous la barre des 10 %, avec une projection de 7,8 % pour fin 2025, grâce à une gestion budgétaire prudente et des réformes ciblées.
Le gouvernement a orienté ses priorités vers l’investissement dans les infrastructures de base, la consolidation des acquis économiques et la promotion d’un développement inclusif et durable.

Cependant, les fruits de cette stabilité ne se ressentent pas encore suffisamment dans les foyers congolais. Le chômage, notamment des jeunes, reste élevé. Les politiques salariales et sociales sont jugées déconnectées des réalités du quotidien. L’accès aux soins, à l’éducation de qualité, et au logement reste précaire pour une grande partie de la population.
Sur ce plan, le gouvernement est attendu sur des résultats tangibles : création d’emplois, amélioration des services publics, adaptation des politiques publiques aux réalités sociales. À l’issue de cette première année, le Gouvernement Suminwa résiste mais ne convainc pas totalement. Il affiche une volonté réformatrice, notamment sur le plan macroéconomique, mais reste confronté à des défis de taille sur les plans sécuritaire et social.
Le vrai test commence maintenant : transformer les acquis économiques en progrès visibles pour les citoyens, et tenir la promesse de paix qui demeure le socle de toute légitimité politique.
Constantin Ntambwe

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