À l’Université de Kinshasa, la réflexion sur la production scientifique a pris une nouvelle dimension. Ce mardi 17 mars, un atelier dédié à l’écriture scientifique a réuni enseignants, chercheurs, étudiants et auteurs autour d’un objectif commun : améliorer la qualité et la visibilité des travaux en sciences sociales.
Organisée en partenariat avec Africa Museum et la revue Le Carrefour Congolais, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de professionnalisation de la recherche académique en République démocratique du Congo. Animé par Isabelle Gérard, aux côtés de la professeure Julie Ndaya Tshiteku, l’atelier a abordé des thématiques à la fois techniques et actuelles. Parmi elles : la structuration d’un article scientifique, la revue de littérature, le respect des normes éditoriales, mais aussi l’usage de l’intelligence artificielle dans la recherche.
Pour Julie Ndaya Tshiteku, l’originalité de cette rencontre réside dans son approche concrète : il ne s’agissait pas seulement de théorie, mais bien de répondre aux préoccupations réelles du monde universitaire. Elle a notamment insisté sur l’importance de maîtriser les instructions aux auteurs, véritables boussoles pour garantir la qualité et la conformité des publications scientifiques.
Au-delà des outils méthodologiques, l’atelier a porté une ambition plus large : encourager les chercheurs congolais à écrire à partir de leurs propres réalités. « Il ne s’agit pas uniquement de grandes théories, mais d’observer le quotidien, de l’analyser et de le diffuser », a souligné la professeure. Cette vision rejoint la mission de la revue Le Carrefour Congolais, publication semestrielle en accès libre, qui vise à promouvoir une approche locale de la recherche en sciences sociales tout en créant des passerelles entre universitaires, praticiens, entreprises et médias.
Au fil des échanges, Isabelle Gérard a rappelé les fondamentaux de la rédaction scientifique : rigueur dans les références, clarté de la structure, respect des standards internationaux et utilisation d’outils adaptés. Autant d’éléments essentiels pour renforcer la crédibilité des productions académiques congolaises. Face à la richesse des contenus abordés, les participants ont exprimé leur souhait de voir ce type d’initiative se prolonger, notamment à travers un accompagnement continu, y compris à distance, entre l’UNIKIN et Africa Museum.
L’atelier s’est clôturé dans une ambiance conviviale, marquée par une séance de réseautage, la remise de brevets aux participants et un moment de partage. Mais au-delà de cette cérémonie, c’est une dynamique de fond qui semble enclenchée : celle d’une science congolaise plus structurée, plus visible et résolument connectée à ses propres réalités.
Elrick Elesse


