Revenu ce vendredi 23 janvier à Uvira, capitale provisoire du Sud-Kivu, le gouverneur Jean-Jacques Purusi a lancé un message fort de paix, de cohésion sociale et de reconquête de l’ensemble des territoires occupés. Cette rentrée officielle intervient après le retrait des éléments de l’AFC/M23, survenu il y a moins d’une semaine, ouvrant la voie au retour progressif de l’administration publique et des forces de sécurité.
Pour sa première journée à Uvira, après plus de quarante jours d’éloignement forcé, le chef de l’exécutif provincial a tenu à s’adresser directement à la population lors d’un meeting populaire. Dans un contexte encore marqué par les traumatismes de la guerre et les tensions communautaires, Jean-Jacques Purusi a insisté sur la nécessité de préserver la paix retrouvée. « Nous allons récupérer Kamanyola, Bukavu, Goma, Bunagana et partout », a-t-il déclaré, affichant la détermination des autorités provinciales à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire du Sud-Kivu.
Au cœur de son message, le gouverneur a mis en garde contre les discours de haine et les tentatives de division communautaire, qu’il considère comme une stratégie de l’ennemi. Il a appelé toutes les communautés à faire preuve de responsabilité et de solidarité. « Pour qu’on puisse arriver à la paix, il ne faut pas tomber dans le piège de l’ennemi. Il faut vivre dans la cohésion, nous sommes les enfants d’une même mère et d’un même père », a-t-il martelé.
Jean-Jacques Purusi a particulièrement insisté sur la nécessité de mettre fin à toute stigmatisation visant les Banyamulenge et les autres communautés du Sud-Kivu. « Ne tombez pas dans le piège d’aller dire qu’on va s’attaquer aux Banyamulenge. Ces familles qui sont parties, nous allons aller les chercher parce que ce sont nos frères », a-t-il ajouté, prônant une réconciliation inclusive. Le gouverneur s’est également félicité de l’amélioration notable de la situation sécuritaire à Uvira depuis le retrait de l’AFC/M23.
« Cela fait trois jours sans un seul coup de feu », a-t-il affirmé, évoquant un retour progressif au calme après des semaines de tensions.
Ce regain de sécurité a permis la réoccupation de la ville par les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par les groupes d’autodéfense Wazalendo, facilitant ainsi la reprise des activités administratives.
Sur le plan social, Jean-Jacques Purusi a voulu rassurer les agents de l’État. Il a annoncé que les salaires seraient payés dès la semaine prochaine, un signal important pour relancer la vie économique locale. Autre annonce attendue : la réouverture prochaine de la frontière. « La frontière sera ouverte dans quelques jours », a-t-il déclaré, une mesure susceptible de redynamiser les échanges commerciaux transfrontaliers et de soulager les populations.
Depuis le départ des éléments de l’AFC/M23, obtenu sous pression diplomatique des États-Unis, plusieurs autorités ont déjà regagné la ville, notamment le maire d’Uvira et d’autres responsables civils et sécuritaires. Ce retour progressif de l’administration marque une étape importante vers la normalisation de la situation dans cette partie du Sud-Kivu.
Pour les autorités provinciales, le défi reste désormais de consolider la paix, restaurer la confiance entre les communautés et étendre cette dynamique sécuritaire aux autres zones encore sous menace, dans un contexte régional toujours fragile.
JK


