Une silhouette argentée surgissant dans un éclair. Une musique devenue mythique. Une voix qui résonnait dans les salons africains, européens et asiatiques. Avec la disparition de Kenji Ōba ce jeudi 7 mai 2026 à l’âge de 71 ans, c’est une immense page de la culture populaire japonaise qui se referme.

Pour des millions de téléspectateurs, son nom restera à jamais lié à X-Or, série culte des années 1980 qui avait transformé le comédien japonais en véritable légende du petit écran. Dans plusieurs pays d’Afrique francophone, notamment en RDC, au Cameroun, en Côte d’Ivoire ou encore au Congo-Brazzaville, X-Or faisait partie de ces rendez-vous télévisés sacrés qui rassemblaient familles et enfants devant les écrans.
Bien avant l’explosion mondiale des mangas modernes et des plateformes de streaming, le Japon exportait déjà son imaginaire à travers le tokusatsu, ce genre mêlant science-fiction, effets spéciaux, super-héros et combats spectaculaires. Et dans cet univers, Kenji Ōba occupait une place à part. Avec son armure métallique futuriste, son célèbre sabre laser et ses transformations fulgurantes, X-Or était devenu bien plus qu’un simple héros de série. Il incarnait une certaine idée du courage, de la justice et du sacrifice. Pour toute une génération née dans les années 80 et 90, il représentait l’un des premiers contacts avec la culture japonaise.
L’acteur japonais n’était pas seulement une vedette de télévision. Avant d’incarner X-Or, Kenji Ōba avait déjà travaillé comme cascadeur et acteur dans plusieurs productions de la célèbre franchise Super Sentai, l’ancêtre des Power Rangers. Son aisance physique, son charisme et sa capacité à exécuter lui-même de nombreuses scènes d’action avaient rapidement attiré l’attention des producteurs.
Lorsque X-Or apparaît en 1982 au Japon sous le nom original de Space Sheriff Gavan, le succès est immédiat. La série révolutionne le genre avec des effets spéciaux innovants pour l’époque et une esthétique futuriste qui fascine les jeunes téléspectateurs. Très vite, le personnage traverse les frontières et devient culte dans plusieurs régions du monde.
En Afrique francophone, X-Or dépasse même le simple statut de série télévisée. Dans les cours d’école, les enfants reproduisaient ses combats, imitaient sa transformation et rêvaient de son armure étincelante. Son nom entre progressivement dans l’imaginaire collectif populaire. La disparition de Kenji Ōba provoque déjà une vague d’émotion sur les réseaux sociaux. Au Japon comme ailleurs, les hommages affluent de la part des fans, acteurs, réalisateurs et passionnés de culture geek. Beaucoup saluent un pionnier qui aura contribué à faire rayonner le cinéma populaire japonais bien avant l’ère numérique.

Au-delà du personnage, c’est aussi une époque qui s’éloigne. Celle des génériques mémorables, des héros invincibles et des soirées passées devant des téléviseurs à attendre l’arrivée du shérif de l’espace pour sauver l’univers. Kenji Ōba disparaît, mais X-Or, lui, restera immortel dans la mémoire de ceux qui ont grandi avec des étoiles plein les yeux.
JK


