C’est une affaire qui secoue déjà les cercles judiciaires et sécuritaires à Kinshasa. À l’Aéroport international de N’djili, près de 1,9 million de dollars américains ont été interceptés dans des circonstances jugées sensibles. Une saisie qui a immédiatement déclenché une réaction ferme des autorités. Au cœur du dispositif, Guillaume Ngefa. Le ministre d’État en charge de la Justice n’a laissé aucune place à l’ambiguïté. Dans une correspondance officielle datée du 22 mars, adressée au procureur général près la Cour de cassation, il ordonne une saisie “régulière et intégrale” de la somme, avec effet immédiat.

Selon le document, le ministre évoque des informations préoccupantes faisant état de tentatives de manipulation irrégulière, voire de partage des fonds. Des pratiques qui constitueraient, si elles sont avérées, une violation flagrante des lois de la République. Derrière ces soupçons, plusieurs qualifications pénales lourdes sont envisagées : détournement de biens saisis, corruption, entrave à la justice ou encore blanchiment de capitaux. Autant d’infractions qui placent ce dossier au rang des affaires à haut risque institutionnel.
Face à la gravité de la situation, des mesures strictes ont été imposées. Les fonds doivent être immédiatement placés sous scellés, en présence d’officiers de police judiciaire, avec établissement d’un procès-verbal détaillé retraçant chaque étape : de l’interception à l’identification des personnes impliquées. Conformément aux dispositions légales en vigueur, notamment en matière de lutte contre le blanchiment, les fonds saisis sont destinés à être consignés à la Banque centrale du Congo, tandis que les procès-verbaux devront être transmis à la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF).
Mais la saisie n’est qu’un début. Le ministre exige l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie pour établir l’origine des fonds, qualifier juridiquement les faits et déterminer les responsabilités. Le ton est ferme : aucune manipulation en dehors du cadre légal ne sera tolérée. Toute tentative d’entrave ou de détournement fera l’objet de poursuites « avec la plus grande rigueur ». Classée « d’une haute sensibilité », cette affaire dépasse le simple cadre d’une saisie financière. Elle touche à la crédibilité même des institutions judiciaires et à la capacité de l’État à faire respecter la loi, y compris en interne.
À Kinshasa, tous les regards sont désormais tournés vers la suite de la procédure. Entre transparence exigée et pression institutionnelle, ce dossier pourrait rapidement devenir un test grandeur nature pour la gouvernance judiciaire en République démocratique du Congo.
La rédaction de b-onetv.cd


