Le dossier FRIVAO refait surface avec fracas au Sénat. Face aux nombreuses irrégularités constatées dans la gestion du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a levé le voile sur une situation préoccupante, tout en annonçant une série de mesures fortes pour restaurer la crédibilité de cette structure sensible.
Des chiffres qui interpellent
Sur les 195 millions de dollars mobilisés pour l’indemnisation, seuls 28 millions auraient effectivement été versés aux victimes. Un écart considérable qui soulève des interrogations sur la traçabilité des fonds et l’efficacité du mécanisme mis en place. Autre anomalie majeure : le nombre de bénéficiaires, initialement estimé à 3 000, a explosé pour atteindre plus de 14 000. Une inflation jugée suspecte, qui renforce les soupçons de dysfonctionnements dans l’identification des ayants droit.
Des décisions fortes pour remettre de l’ordre
Face à cette situation, le ministre n’a pas tergiversé. Il a annoncé la suspension du président du Conseil d’administration du FRIVAO, ainsi que la réorganisation complète des organes de gestion. Objectif : mettre fin aux pratiques décriées et instaurer une gouvernance plus rigoureuse.
Un plan de redressement en trois axes
Devant les sénateurs, Guillaume Ngefa a présenté un plan structuré autour de trois priorités : Assainissement financier et organisationnel, afin de rétablir une gestion saine et transparente; Audit indépendant du fichier des bénéficiaires, pour identifier les véritables ayants droit et éliminer les irrégularités; Adoption d’un manuel de procédures transparentes, garantissant la traçabilité et l’équité dans le traitement des dossiers; Reprise progressive des indemnisations.
La relance du processus d’indemnisation se fera en deux temps. Dans un premier temps, des indemnisations collectives seront effectuées, avant de passer à une phase individuelle, une fois le fichier des bénéficiaires totalement assaini. Au-delà des chiffres et des mesures, c’est la confiance des victimes qui est en jeu. Le redressement du FRIVAO ne sera jugé qu’à l’aune d’un seul critère : rendre justice, réellement et équitablement, à ceux qui ont trop longtemps attendu.
La rédaction de b-onetv.cd


