Le compte à rebours est lancé. Après des années d’attente et de rêves inachevés, la République démocratique du Congo s’apprête à retrouver la plus grande scène du football mondial avec une ambition assumée : ne pas faire de la figuration. Et avant même le coup d’envoi du Mondial 2026, le pays veut déjà transformer cette aventure en un immense élan populaire.
Vendredi 8 mai, au cours de la 88e réunion du Conseil des ministres présidée par Félix Tshisekedi, le gouvernement a dévoilé les grandes lignes de la préparation des Léopards pour la Coupe du Monde FIFA 2026. Derrière les aspects logistiques et sportifs, un message se dégage : le pouvoir veut faire de cette participation un événement national capable d’unir tout un peuple autour de son équipe.
Le premier acte se jouera à Kinshasa. Le 26 mai prochain, les Léopards lanceront officiellement leur stage de préparation dans la capitale congolaise. Mais bien au-delà des entraînements classiques, les autorités misent surtout sur une communion populaire exceptionnelle avec les supporters. Une séance d’entraînement ouverte au public est notamment prévue au Stade Tata Raphaël. Un rendez-vous symbolique qui devrait attirer des milliers de passionnés venus pousser leurs ambassadeurs avant le grand voyage mondial.
Dans les tribunes comme sur la pelouse, l’objectif sera clair : recréer cette ferveur qui accompagne souvent les grandes épopées africaines. L’émotion se poursuivra ensuite dans un registre plus institutionnel. Les joueurs recevront leurs distinctions au cours d’une cérémonie officielle organisée par la Chancellerie des Ordres Nationaux. Puis viendra le geste hautement symbolique : la remise du drapeau national au capitaine des Léopards par le Chef de l’État lui-même. Une manière de rappeler que cette sélection portera bien plus qu’un maillot ; elle portera les espoirs de tout un pays.
Après cette séquence patriotique, place au terrain. Dès le 27 mai, la délégation congolaise prendra la direction de la Belgique pour poursuivre sa montée en puissance. Un premier test grandeur nature attend les Léopards face au Danemark le 3 juin à Liège. Quelques jours plus tard, cap sur l’Espagne pour un second duel amical contre le Chili, prévu le 9 juin. Deux affiches qui permettront au staff technique d’évaluer les automatismes, la condition physique et les ajustements tactiques avant le rendez-vous planétaire.
Le dernier virage mènera les Léopards aux États-Unis, précisément à Houston, où la RDC établira son quartier général à partir du 11 juin. C’est là que commencera véritablement le rêve mondialiste des Congolais avec une entrée fracassante prévue le 17 juin face au Portugal. Sur le plan organisationnel, le gouvernement assure que les démarches administratives avancent normalement. Les visas des joueurs auraient déjà été traités et les dossiers transmis à la FIFA.
Les autorités travaillent également sur l’encadrement des supporters et des animateurs appelés à accompagner la sélection durant la compétition. Mais au-delà de l’équipe nationale, c’est tout le pays qui veut vivre cette Coupe du Monde comme une fête collective. Des projets de « Fans Zones » sont envisagés dans plusieurs villes afin de permettre aux Congolais de suivre ensemble les matches des Léopards dans une ambiance populaire.
Car au fond, cette Coupe du Monde dépasse désormais le simple cadre sportif. Pour des millions de Congolais, elle représente une rare occasion de vibrer à l’unisson, de suspendre les divisions et de croire, l’espace de quelques semaines, à une même aventure. Et avant même le premier coup de sifflet, Kinshasa semble déjà prête à rugir derrière ses Léopards.
JK


