À mesure que les jours passent, l’élection à la présidence de la Fédération congolaise de football association ressemble de moins en moins à une compétition démocratique et de plus en plus à une route progressivement dégagée pour un seul homme. Là où l’on annonçait une bataille électorale intense entre plusieurs prétendants, le paysage s’est brutalement rétréci. Et désormais, un nom domine presque seul l’horizon : Veron Mosengo Omba.
Le rejet provisoire des candidatures de six des neuf candidats a complètement rebattu les cartes. Dans cette atmosphère de confusion et d’incertitude, après Shabani Nonda, deux figures viennent encore d’abandonner la course. Bosco Mwehu a choisi de jeter l’éponge, pendant que Jean-Didier Massamba s’est également retiré du processus. Résultat : la dynamique électorale semble se transformer en un couloir à sens unique.
Cette situation alimente naturellement des interrogations au sein de l’opinion sportive congolaise. Comment une élection annoncée comme ouverte et disputée peut-elle, en si peu de temps, se retrouver pratiquement verrouillée autour d’un seul candidat ? Pour plusieurs observateurs, cette succession de retraits et de rejets fragilise la perception de compétitivité et risque d’alimenter les soupçons d’un scrutin joué d’avance.
Dans ce contexte, tous les regards se tournent désormais vers Aziz Makukula. Sa candidature représente aujourd’hui l’un des derniers véritables enjeux du processus. Sera-t-il repêché ou contraint, lui aussi, à quitter la course avant même l’étape décisive ? La réponse pourrait définitivement sceller le caractère de cette élection. Car si Aziz Makukula venait à disparaître du tableau, la FECOFA se retrouverait devant un scénario rarissime : une élection quasiment sans opposition réelle, avec un candidat unique porté vers la présidence dans un climat où le suspense aurait laissé place à la résignation.
Au-delà des hommes, cette séquence révèle surtout les profondes fractures du football congolais. Entre querelles administratives, batailles d’influence et luttes de positionnement, la FECOFA continue de donner l’image d’une institution traversée par des turbulences permanentes. Pourtant, à quelques mois d’échéances sportives importantes, le football congolais aurait davantage besoin d’un débat sur les projets, la gouvernance et la reconstruction du sport roi que d’un processus électoral qui s’effiloche avant même son verdict final.
Une chose est sûre : tant que la liste définitive ne sera pas publiée, le feuilleton reste ouvert. Mais à ce stade, une réalité s’impose déjà : Veron Mosengo Omba apparaît plus que jamais comme l’homme vers qui convergent tous les chemins de cette élection.
JK


