Au Nord-Kivu, les femmes veulent passer du rôle de victimes à celui d’actrices de la paix et de la réponse aux crises. Les collectifs GADHOP et Femmes, Paix et Sécurité ont remis, mercredi 26 août à Beni, une note de plaidoyer aux autorités provinciales. Portée par plusieurs organisations féminines, cette démarche appelle à une participation plus importante des femmes et des jeunes filles dans les processus de paix, la gouvernance locale et la diplomatie communautaire, mais aussi dans la coordination de la riposte contre Ebola.

Les organisations demandent notamment la désignation d’un point focal chargé des violences basées sur le genre ainsi que des questions d’exploitation et d’abus sexuels au sein du dispositif de riposte. « La femme est souvent présente dans la sensibilisation, mais elle n’a pas suffisamment de place dans la coordination », déplore Yolande Kalungero Lusenge, coordinatrice de GADHOP.
Sur le volet sécuritaire, ces femmes proposent également la création d’un cadre provincial « Femmes, Paix et Sécurité », réunissant régulièrement autorités, organisations féminines, jeunes filles et acteurs communautaires pour assurer le suivi des recommandations issues des consultations locales. Pour elles, les femmes du Nord-Kivu ne doivent plus être perçues uniquement comme des victimes des conflits, mais comme des actrices essentielles de la paix, de la résilience et du développement communautaire.
Cette initiative s’inscrit dans un projet consacré à la vulgarisation des instruments juridiques et à la mise en place de mécanismes communautaires d’alerte précoce à Butembo et dans ses environs. Un projet porté notamment par GADHOP, la SOFEPADI et les structures membres de la Synergie Femmes, Paix et Sécurité du Nord-Kivu.
Patrick Syaluha


