Le « SNIPER » n’aura plus droit de cité dans les circuits commerciaux congolais. L’Autorité de régulation et de contrôle des produits, ACOREP, a ordonné le retrait immédiat du marché du dichlorvos (DDVP), un insecticide notamment connu sous cette appellation commerciale. Cette décision intervient dans un contexte marqué par la répétition de cas d’intoxications aiguës, parfois mortelles, liés à l’exposition ou à l’ingestion de ce produit.
Face à ces risques toxicologiques, les autorités ont choisi la fermeté : importation, fabrication, distribution, commercialisation et utilisation du dichlorvos sont désormais strictement interdites sur toute l’étendue du territoire national. Les opérateurs économiques détenant encore ces produits sont sommés de les retirer sans délai du circuit commercial. Une mesure qui vise autant à protéger les consommateurs qu’à empêcher que des produits hautement toxiques ne continuent de circuler librement, notamment dans des environnements où leur dangerosité est parfois sous-estimée.
Le problème dépasse toutefois la seule question de la commercialisation d’un insecticide. Ces derniers temps, plusieurs cas ont particulièrement alerté l’opinion : des jeunes femmes confrontées à des situations de détresse émotionnelle auraient ingéré du « SNIPER » dans une tentative de suicide. Un détournement dramatique de l’usage d’un produit destiné à lutter contre les insectes, mais dont la toxicité peut provoquer des conséquences graves, voire fatales, lorsqu’il est ingéré ou mal manipulé.
Cette réalité pose aussi la question de l’accessibilité des substances toxiques. Lorsqu’un produit potentiellement létal est facilement disponible dans les commerces et les foyers, il peut devenir, dans un moment de détresse, un moyen de passage à l’acte. L’interdiction décidée par l’ACOREP apparaît ainsi comme une mesure de santé publique et de prévention. Elle entend couper l’accès à une substance dont les effets toxiques sont particulièrement préoccupants.
Reste désormais le défi de l’application effective de cette mesure : contrôler les stocks existants, empêcher les importations clandestines, surveiller les circuits de distribution et sensibiliser la population aux dangers liés à ces produits. Car derrière l’interdiction du « SNIPER », se joue une question plus large : comment mieux protéger la population contre les substances toxiques facilement accessibles et prévenir les drames humains qui peuvent en découler ?
Junior Kulele


