Le 30 juin n’a pas seulement célébré l’indépendance de la République démocratique du Congo. À plusieurs milliers de kilomètres de Kinshasa, le quartier Matongé, à Ixelles, a renoué avec l’un de ses symboles les plus forts. La fresque monumentale de l’artiste congolais Chéri Samba, Porte de Namur, Porte de l’Amour, a officiellement retrouvé sa place, redonnant au quartier une part de son identité.
Disparue au début de l’année 2025 après avoir été endommagée par les intempéries, l’œuvre a été entièrement reproduite à l’identique avant d’être réinstallée sur la chaussée d’Ixelles. Son retour met fin à plusieurs mois d’absence pour cette fresque devenue, depuis plus de deux décennies, un véritable repère visuel et culturel pour les habitants de Matongé comme pour la diaspora congolaise de Belgique. La commune d’Ixelles n’a pas choisi le hasard pour dévoiler cette renaissance.
L’inauguration s’est déroulée le 30 juin, date anniversaire de l’indépendance de la RDC, soulignant ainsi les liens historiques, culturels et affectifs qui unissent cette commune bruxelloise à la communauté congolaise. Installée pour la première fois en 2002, Porte de Namur, Porte de l’Amour est bien plus qu’une simple œuvre d’art urbain. Elle raconte une histoire commune, celle d’un quartier façonné par les rencontres, les migrations et la richesse culturelle apportée par plusieurs générations de Congolais installés en Belgique.
Au fil des années, elle est devenue l’une des images les plus emblématiques de Matongé, accueillant chaque visiteur à l’entrée de ce lieu chargé de mémoire. La restauration de la fresque, réalisée pour un coût de 5 000 euros, s’accompagne d’une reconnaissance institutionnelle importante. L’œuvre bénéficie désormais d’un permis d’urbanisme valable pour une durée de six ans, une décision qui consacre son statut de patrimoine culturel et urbain du quartier.
À travers le retour de cette fresque, c’est toute une mémoire collective qui reprend ses couleurs. Plus qu’un décor, l’œuvre de Chéri Samba réaffirme la place de la culture congolaise dans le paysage bruxellois et rappelle que Matongé demeure, des décennies après sa naissance, l’un des principaux carrefours de l’histoire et de l’identité de la diaspora congolaise en Europe.
Junior Kulele


