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Accord RDC-Rwanda : Amnesty International dénonce l’absence de justice pour les victimes de l’Est

11 mois ago
in Sécurité
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RDC : La délégation congolaise à l’ONU tire la sonnette d’alarme sur la crise humanitaire dans l’Est du pays
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Au lendemain de la signature de l’accord de paix entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, le 27 juin 2025 à Washington, Amnesty International exprime de vives inquiétudes. Pour l’organisation de défense des droits humains, le texte fait l’impasse sur une question essentielle : la justice pour les victimes des crimes graves perpétrés dans l’Est de la RDC.

Dans une déclaration publiée mardi, Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a pointé un manque majeur dans le contenu de l’accord : « En ne s’attaquant pas à l’impunité pour les crimes horribles commis dans l’est de la RDC, cet accord a manqué l’occasion de s’attaquer de manière décisive à un moteur ancien du conflit. »

L’ONG rappelle que l’absence d’enquêtes et de sanctions contre les auteurs de violations des droits humains entretient un cycle sans fin de violences, dont les populations civiles paient le prix fort. Amnesty insiste sur le fait que la protection des civils et l’établissement de responsabilités judiciaires sont des préalables indispensables à toute paix durable. « Cela doit cesser si l’on veut assurer une sécurité durable », a martelé l’organisation.

Depuis la signature de l’accord, Amnesty International affirme avoir reçu des rapports crédibles faisant état de nouveaux affrontements entre les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, et les miliciens Wazalendo, appuyés par l’armée congolaise dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces affrontements auraient causé des pertes civiles et sont accompagnés de rapts de jeunes hommes par le M23, souvent emmenés vers des destinations inconnues, selon les témoignages recueillis.

Dans ce contexte de tension, le M23, qui mène parallèlement des négociations distinctes avec le gouvernement congolais sous médiation qatarie, a déclaré avoir « pris note » de l’accord de Washington, tout en précisant ne pas se sentir concerné par celui-ci. Amnesty International estime que la RDC et le Rwanda ont une responsabilité directe dans cette situation. Tous deux sont appelés à user de leur influence sur les groupes armés qu’ils soutiennent ou avec lesquels ils collaborent, pour imposer le respect du droit international humanitaire.

« Les habitants de l’est du Congo ont vu leurs espoirs de justice et de sécurité régulièrement déçus par l’échec répété de nombreux accords de paix au cours des 25 dernières années. La RDC et le Rwanda doivent à ces populations meurtries d’agir concrètement en faveur de la protection des civils », a ajouté Agnès Callamard. Depuis novembre 2021, l’Est de la RDC est de nouveau plongé dans une spirale de violence avec la résurgence du M23, groupe armé que plusieurs rapports, dont ceux du Groupe d’experts de l’ONU et de Human Rights Watch, accusent d’être soutenu activement par le Rwanda.

Le conflit a franchi un nouveau seuil en janvier 2025, lorsque le M23 s’est emparé de Goma, poussant des dizaines de milliers de personnes à fuir. Un mois plus tard, le 16 février, les rebelles ont pris le contrôle de Bukavu, capitale stratégique du Sud-Kivu. Des exécutions sommaires, arrestations arbitraires et détentions illégales ont été rapportées par l’ONU et d’autres observateurs sur le terrain, accentuant la détérioration de la situation humanitaire.

Alors que l’accord de Washington est présenté par les diplomaties occidentales comme un pas vers la désescalade, l’absence de mécanismes de justice et de responsabilisation pourrait en limiter la portée. Pour Amnesty International, la paix ne peut être durable sans vérité ni justice. « La fin des violences ne passera que par la fin de l’impunité », conclut l’ONG.

La rédaction de b-onetv.cd

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