Face aux nombreuses interrogations et aux controverses suscitées par l’accord de partenariat stratégique signé le 4 décembre 2025 à Washington entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, le gouvernement congolais est sorti de son silence pour apporter des clarifications officielles et dissiper les inquiétudes de l’opinion publique.

Lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, s’est exprimé aux côtés du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Il a tenu à préciser la nature réelle du document signé à Washington.
« Il s’agit d’un accord-cadre, technique, qui définit les domaines de collaboration économie et commerce, sécurité, gouvernance, éducation, sciences et technologies sans céder la moindre mine ni attribuer le moindre contrat », a affirmé Daniel Mukoko Samba.
Le VPM a insisté sur le fait que le texte ne contient aucune disposition portant sur la cession de ressources naturelles, balayant ainsi les accusations de bradage des richesses nationales. « Il n’y a dans ce document aucune liste de mines cédées, aucun investisseur désigné, aucun engagement de bradage des ressources », a-t-il martelé.
Au-delà de la signature, le gouvernement congolais met en avant la mise en place d’un comité conjoint de pilotage, organe central chargé d’assurer la gestion, la coordination et le suivi du partenariat stratégique entre Kinshasa et Washington. Ce comité est composé de dix membres, répartis de manière équilibrée : cinq représentants américains, cinq représentants congolais,
chacun agissant conformément aux orientations de son gouvernement respectif.

Du côté des États-Unis, les représentants proviennent notamment du Département d’État, du Département du Trésor, du Département du Commerce, ainsi que de deux autres agences fédérales. Pour la RDC, le comité regroupe des délégués du ministère de l’Économie, du ministère des Finances, du ministère des Affaires étrangères, du ministère des Mines et de la Présidence de la République.
Chaque partie désigne un co-président :
le représentant du Département d’État pour les États-Unis, le ministre de l’Économie nationale pour la RDC. Le comité conjoint se réunit en présentiel et à distance, avec une alternance entre la RDC et les États-Unis. La première réunion est prévue dans un délai de 90 jours après l’entrée en vigueur de l’accord, soit au plus tard à la mi-mars 2026.
Sa mission principale consiste à définir les priorités, assurer le suivi des projets, et superviser la mise en œuvre des initiatives stratégiques identifiées dans le cadre du partenariat. Le gouvernement congolais souligne également que le partenariat RDC–États-Unis est conçu comme un engagement de long terme, avec une révision prévue tous les trois ans afin d’adapter et d’améliorer ses mécanismes.
En cas de retrait d’une des parties, l’accord prévoit un préavis écrit de cinq ans, garantissant ainsi la continuité des projets en cours et une planification responsable des actions futures. Pour Daniel Mukoko Samba, ces mécanismes institutionnels offrent de solides garanties : « Le comité conjoint de pilotage constitue l’instance clé pour la coordination et le suivi des projets stratégiques, tandis que le préavis et les réunions régulières assurent la stabilité et la continuité du partenariat à long terme. »
Par cette sortie médiatique, le gouvernement congolais entend rétablir les faits, rassurer l’opinion nationale et réaffirmer que le partenariat stratégique avec les États-Unis vise avant tout le développement, la transparence et la souveraineté économique de la RDC.
JK


