La scène se joue tard dans la nuit, à Kinshasa. Samedi, aux alentours de 23 heures, Papy Mantezolo est interpellé alors qu’il tentait de traverser le fleuve en direction de Brazzaville. Une arrestation qui relance un dossier judiciaire déjà sensible et alimente un vif débat sur le respect des procédures.
L’ancien président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central n’était pas seul. Il était accompagné de ses deux jeunes frères, avec en sa possession un passeport muni d’un visa valide pour la Chine. Un détail qui intrigue, alors que l’intéressé était activement recherché par la justice congolaise.
Depuis plusieurs jours, son nom circulait déjà dans les couloirs judiciaires. Le Parquet général près la Cour de cassation l’avait convoqué à deux reprises, sans succès. La dernière convocation remontait au 11 mars, avec une mise en garde claire du premier avocat général, Pungwe Wemba : en cas d’absence, la loi serait appliquée avec contrainte. Au cœur de l’affaire, des accusations de détournement de deniers publics.
Du côté politique, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le parti de Mantezolo, la Nouvelle Dynamique Kongo (NDK), se dit surpris par cette interpellation jugée précipitée. Son président, Joachim Baya Ntoto, conteste fermement la thèse d’une tentative de fuite. Selon lui, l’ancien député provincial comptait bel et bien répondre à la convocation prévue le 25 mars. « Il n’a pas été arrêté parce qu’il voulait fuir », insiste-t-il, dénonçant une arrestation intervenue avant même l’échéance fixée par la justice.
Au-delà des faits, c’est la question de la procédure qui cristallise les tensions. La défense évoque une irrégularité majeure : en tant que député provincial, Mantezolo bénéficierait d’immunités parlementaires. Selon Me Baya Ntoto, le Parquet aurait dû saisir au préalable l’Assemblée provinciale pour obtenir la levée de ces immunités avant toute interpellation. Une étape qui, selon lui, n’aurait pas été respectée.
L’affaire Mantezolo dépasse désormais le simple cadre judiciaire. Elle pose en filigrane la question de l’équilibre entre la lutte contre la corruption et le respect des garanties légales. En attendant son audition, une chose est sûre : ce dossier pourrait rapidement devenir un test pour la crédibilité des institutions judiciaires congolaises.
Pour ses partisans, l’heure est à la confiance : ils espèrent qu’il pourra présenter ses moyens de défense et faire valoir sa version des faits. Mais pour la justice, le message reste le même : nul n’est au-dessus de la loi.
La rédaction de b-onetv.cd


