La crise institutionnelle qui secouait l’Assemblée nationale congolaise semble connaître un tournant. Alors que cinq membres du bureau étaient visés par des pétitions pour leur destitution, trois d’entre eux viennent d’être réhabilités. Les griefs retenus contre le rapporteur Jacques Djoli, la questeur Grâce Nehema et le questeur adjoint Chimène Poli Poli ont été jugés non fondés par la commission spéciale mise en place pour examiner ces requêtes.
Cette décision intervient dans un climat de fortes tensions, marqué par la démission de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, et de Dominique Munongo, rapporteure adjointe. Ces deux départs spectaculaires ont contribué à calmer le front des contestataires, laissant entrevoir une sortie de crise institutionnelle.
Le rapporteur Jacques Djoli, accusé notamment d’incompétence et de mauvaise gestion, a su convaincre la commission en démontrant la fragilité des accusations portées contre lui. Ses arguments ont été jugés recevables, et la commission a estimé que les preuves avancées par les pétitionnaires ne tenaient pas. Résultat : sur 22 membres de la commission, 21 ont voté contre les griefs, avec une seule abstention.
Si la décision de la commission constitue un signal fort en faveur des trois membres réhabilités, le dernier mot reviendra à la plénière. Les députés devront voter pour confirmer, ou non, le rapport de la commission. Ce scrutin sera déterminant pour sceller définitivement le sort de Jacques Djoli, Grâce Nehema et Chimère Poli Poli.
Malgré ce dénouement partiel, la tension n’est pas totalement retombée. Certains élus, à l’image de Crispin Mbindule, ont exprimé leur colère, dénonçant une « manœuvre politique » visant à protéger certains membres du bureau au détriment de la transparence et de la responsabilité parlementaire.
La démission de Vital Kamerhe, figure politique majeure, laisse un vide au sommet de la chambre basse du Parlement. L’intérim est assuré par le premier vice-président, Isaac Tshilumbayi, dans l’attente de nouvelles décisions. Ce bouleversement traduit les divisions profondes qui traversent la majorité comme l’opposition, à quelques mois d’échéances politiques cruciales.
Junior Kulele


