L’annonce a surpris plus d’un : Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale, a été nommé vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Il devient ainsi le numéro deux du parti, juste derrière Joseph Kabila, chef de l’État honoraire et leader du PPRD.
Parallèlement, Emmanuel Ramazani Shadary, candidat malheureux à la présidentielle de 2018, conserve son poste de secrétaire permanent, confirmant ainsi le soutien indéfectible de Kabila à son égard. Ses adjoints restent également en place. Une « stabilité voulue, une continuité assumée » par Joseph Kabila, longtemps resté silencieux, mais qui refait surface.
Alors que le président Félix Tshisekedi accuse Kabila d’être le véritable commanditaire de la rébellion menée par Corneille Nangaa dans l’est du pays, l’ancien chef d’État répond autrement, en huilant sa machine politique. Le contexte est loin d’être anodin, et ce choix stratégique laisse présager « une nouvelle donne ». « Fort de ses 18 ans passés au pouvoir, Joseph Kabila sait quand et comment agir ».
Le timing est soigneusement calculé pour capter l’attention et se replacer au cœur des débats, dans un contexte où la crise sécuritaire entre Kinshasa et Kigali s’intensifie. Plusieurs anciens collaborateurs de Kabila et lui-même vivent en exil, mais son nom alimente de plus en plus les discussions.
La question n’est plus « si Kabila va dégainer, mais quand ? ». Barbara Nzimbi, sa conseillère en communication, a ajouté du mystère en annonçant son arrivée imminente sur X (anciennement Twitter) pour un « débat de vérité ». À peine activé, le compte X de Joseph Kabila a été suspendu temporairement, provoquant une vague de spéculations. Les raisons exactes de cette suspension demeurent floues, mais certaines sources évoquent une possible dénonciation en masse orchestrée par ses détracteurs. Cette interruption n’a fait qu’exacerber l’attente et renforcer l’intérêt autour de ses prochaines déclarations.
En parallèle, Joseph Kabila a publié une tribune dans laquelle il donne sa lecture de la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la RDC. Il y condamne l’implication étrangère, notamment le rôle du Rwanda, tout en critiquant la gestion actuelle de la crise par Kinshasa. « Il est impératif de bâtir une véritable armée nationale capable de défendre l’intégrité territoriale sans dépendre d’acteurs extérieurs », a-t-il affirmé, plaidant pour une approche plus souverainiste du conflit.
Cette sortie médiatique, combinée à sa réorganisation politique, traduit la volonté manifeste de l’ancien président de redevenir un acteur clé du débat politique congolais. L’avenir dira si cette offensive stratégique portera ses fruits.
La rédaction de b-onetv.cd


