Bukavu a marqué une pause ce lundi 14 septembre. Dans une atmosphère lourde de douleur, la ville a accompagné à leur dernière demeure les 27 élèves morts dans l’incendie qui a ravagé deux établissements scolaires du quartier Cimpunda, dans la commune de Kadutu. Réunis au cimetière de la Ruzizi, familles, proches, autorités et habitants ont rendu un dernier hommage aux enfants dont les vies ont été brutalement fauchées le 10 septembre dernier.

Avant leur inhumation, les dépouilles avaient été exposées au hall de l’Athénée d’Ibanda. Une dernière étape avant le départ pour le cimetière, dans une ville encore sous le choc de cette tragédie. L’émotion a largement dépassé le cercle des familles endeuillées. Pour marquer la gravité du drame, plusieurs activités ont été suspendues dans la ville jusqu’à la mi-journée : commerces, transports en commun et écoles ont notamment observé un arrêt.
À travers ce geste, Bukavu a voulu rendre hommage à ces jeunes victimes et partager la douleur de leurs familles. Mais derrière le recueillement, une autre question demeure : comment un tel drame a-t-il pu se produire et surtout comment empêcher qu’il se reproduise ? La cérémonie funéraire a également ouvert un débat sur les conditions dans lesquelles s’est développée la ville de Bukavu.
Pour les autorités, la difficulté d’intervention des véhicules anti-incendie dans certains quartiers périphériques constitue également un problème majeur. L’inhumation des 27 élèves referme une étape douloureuse, mais elle ne met pas fin aux interrogations. À Bukavu, la tragédie de Cimpunda remet sur la table la question de la sécurité des écoles, de l’accessibilité des quartiers, de la prévention des incendies et des capacités des services de secours.

Les familles ont désormais perdu leurs enfants. La responsabilité des autorités est de faire en sorte que leur mort ne soit pas seulement un souvenir douloureux, mais aussi le point de départ d’une véritable politique de prévention.


