Alors que le débat sur la révision de la Constitution est brutalement revenu au centre de l’actualité congolaise, l’opposant historique Martin Fayulu a réitéré, avec fermeté, son opposition catégorique à ce qu’il qualifie de « projet désastreux » sur son compte X officiel. Pour le leader de l’ECiDé, la volonté politique affichée par la majorité présidentielle de l’Union Sacrée de lancer un processus de réforme constitutionnelle n’est ni opportune, ni légitime.
Une posture d’opposition constante
Depuis l’engagement officiel de l’Union Sacrée dans ce processus de réforme, la voix de Martin Fayulu s’est élevée pour dénoncer ce qu’il considère comme une manœuvre politicienne. Fidèle à sa ligne de conduite, l’opposant rejette les arguments avancés par la majorité, qui qualifie l’actuelle Constitution d’obsolète ou d’inadaptée aux réalités du pays.
Pour Fayulu, le moment choisi par le pouvoir en place est tout sauf innocent. Il estime que, dans un contexte où la priorité nationale devrait être centrée sur le rétablissement de la paix, particulièrement à l’Est du pays, et sur la gestion des urgences humanitaires, engager le pays dans une révision constitutionnelle est un aveu d’échec des priorités gouvernementales.
Les craintes d’un « coup d’État constitutionnel »
Dans ses dernières sorties médiatiques, Martin Fayulu n’a pas mâché ses mots. Il perçoit dans cette initiative une « dérive dictatoriale » visant, in fine, à pérenniser le pouvoir actuel. L’opposant craint qu’à travers cette réforme, la majorité ne cherche à lever les verrous constitutionnels protégeant la durée des mandats présidentiels, un scénario qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel ».
« On ne commence pas par abattre la fondation d’une maison lorsqu’elle présente de simples fissures », a-t-il rappelé, soulignant que les défis du pays sont d’ordre structurel et sécuritaire, et non constitutionnels. Pour lui, la Constitution de 2006 demeure le socle nécessaire à la stabilité démocratique, malgré ses imperfections.
Vers une fracture politique accentuée
La fermeté de Martin Fayulu s’inscrit dans un climat politique particulièrement électrique. Alors que la majorité espère déboucher sur un référendum, les acteurs de l’opposition, emmenés par Fayulu et d’autres figures de proue, appellent à la vigilance citoyenne. Ils dénoncent un « simulacre » de réforme et alertent sur les risques de tensions sociales accrues si le pouvoir persiste dans ce qu’ils considèrent comme une précipitation suspecte.
En dénonçant ce projet, Martin Fayulu confirme son rôle de sentinelle de la démocratie. Reste à savoir si cette levée de boucliers parviendra à freiner l’ardeur réformatrice de l’Union Sacrée, alors que le pays semble se diriger vers un face-à-face politique majeur dans les semaines à venir.
Danny Ngubaa Yambushi


