La ville de Kinshasa fait face à une crise sanitaire majeure avec la réapparition du choléra, une maladie diarrhéique grave liée à des conditions d’hygiène précaires. Environ 130 nouveaux cas sont signalés chaque semaine, et selon le ministre de la Santé publique, Dr Roger Kamba, 25 des 35 zones de santé de la capitale sont désormais touchées. Des décès ont déjà été enregistrés, accentuant l’urgence d’une riposte rapide et coordonnée.

Cette résurgence met en lumière les failles persistantes dans les infrastructures sanitaires de la capitale, ainsi que les limites des services de santé publique à contenir des épidémies récurrentes.
Pour tenter de contenir la propagation de la maladie, trois centres de traitement sont actuellement opérationnels, tandis que deux autres sont en préparation. Le ministre a précisé que la prise en charge des patients est gratuite, une décision essentielle pour encourager les malades à se faire soigner rapidement. Toutefois, face à la gravité de la situation, des doutes subsistent sur la capacité du système de santé à endiguer efficacement la crise, notamment dans un contexte marqué par des conditions environnementales dégradées.

Le choléra, causé par la bactérie Vibrio cholerae, reste une menace permanente dans plusieurs régions de la RDC, en particulier dans l’Est du pays. Les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Tanganyika sont les plus touchées. Depuis janvier 2025, plus de 18 000 cas et 350 décès ont été rapportés, selon les agences des Nations unies. Un taux de létalité de 2 %, au-dessus du seuil d’alerte de l’OMS, fixé à 1 %.
En février dernier, l’ONU exprimait sa vive inquiétude face à l’aggravation de l’épidémie à Goma. Le mois suivant, Oxfam signalait une hausse simultanée des cas de choléra, de Mpox et de rougeole, accentuée par les conflits armés et la suspension de l’aide humanitaire américaine. Les fortes pluies saisonnières et les inondations qu’elles provoquent sont des catalyseurs bien connus du choléra. Elles endommagent les infrastructures, polluent les sources d’eau et aggravent les conditions de vie, surtout dans les quartiers les plus vulnérables.

Le choléra se propage principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, souvent dans des zones où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est limité. Les déplacements de populations fuyant les conflits, les camps surpeuplés, et l’insalubrité dans certaines zones minières aggravent la situation, selon les ONG humanitaires. Les experts rappellent que l’accès à une eau saine, des installations sanitaires adéquates, et des gestes d’hygiène simples comme le lavage des mains avec du savon, restent essentiels pour prévenir la maladie. À cela s’ajoute l’importance des campagnes de vaccination ciblées, particulièrement efficaces en contexte d’épidémie.
La crise actuelle à Kinshasa illustre les défis majeurs auxquels sont confrontées de nombreuses métropoles africaines : urbanisation rapide, défaillances d’infrastructures, vulnérabilités climatiques et pressions démographiques. La résurgence du choléra, combinée aux inondations, démontre l’urgence d’adopter une approche intégrée pour renforcer à la fois le système de santé et les infrastructures urbaines.
Plus que jamais, les autorités congolaises sont appelées à agir vite et efficacement pour protéger la population et prévenir une crise sanitaire de plus grande ampleur.
La rédaction de b-onetv.cd


