La République Démocratique du Congo est confrontée à une recrudescence préoccupante de l’épidémie de choléra. Lors d’un point de presse tenu cette semaine, le ministre de la Santé publique, Dr Roger Kamba, a annoncé une hausse de 2 % des cas à l’échelle nationale au cours de la 27ᵉ semaine de surveillance épidémiologique. À ce jour, plus de 33 000 cas ont été enregistrés dans 17 provinces, plaçant une grande partie du pays sous haute surveillance.
Parmi les zones les plus touchées figurent la Tshopo et le Sud-Kivu, où la flambée de cas inquiète les autorités. À Kinshasa, la situation est également suivie de près : environ 130 nouveaux cas sont rapportés chaque semaine, répartis dans 27 zones de santé, ce qui alimente la crainte d’une propagation plus vaste dans la capitale.
Pour faire face à cette urgence, le gouvernement renforce son dispositif de riposte. Selon le ministre Roger Kamba, cinq centres de traitement du choléra sont actuellement fonctionnels à Kinshasa, dont deux ont été inaugurés ce jour-même. Le ministère prévoit d’étendre ce nombre à huit dans les tout prochains jours afin d’améliorer la prise en charge et d’interrompre la chaîne de transmission.
Le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, directeur général de l’Institut National de la Santé Publique (INSP), a souligné que plusieurs mécanismes de riposte sont déjà déployés : intensification de la surveillance épidémiologique, sensibilisation communautaire sur les bonnes pratiques d’hygiène, et distribution de produits pour la potabilisation de l’eau.
Si le m-pox (anciennement variole du singe) reste sous observation, le choléra demeure actuellement la principale source d’inquiétude pour les autorités sanitaires. Celles-ci lancent un appel à la population pour adopter des gestes simples mais vitaux : consommer de l’eau potable, se laver régulièrement les mains et éviter toute forme d’automédication.
En cas de symptômes (diarrhée aiguë, vomissements, déshydratation), le ministère invite la population à contacter gratuitement le numéro 151 ou à se rendre immédiatement dans une zone de santé la plus proche.
Face à cette nouvelle vague, dans un pays déjà marqué par de multiples urgences sanitaires, la coordination entre les autorités nationales, les partenaires techniques et la population est plus que jamais cruciale.
Jehovani Muluma


