La 9ᵉ réunion des ministres des Mines de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) s’est ouverte ce mardi à Kinshasa, dans une ambiance de coopération et de responsabilité partagée. À cette occasion, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a lancé un appel fort : transformer les richesses minières en vecteur de stabilité, de paix et de prospérité régionale.
Ces assises se tiennent en prélude au Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement prévu pour le 15 novembre à Kinshasa, sous le thème : « Consolider la paix et la sécurité pour un développement durable dans la région des Grands Lacs. » La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Me Jacquemin Shabani, représentant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Plusieurs délégations venues des États membres de la CIRGL ont pris part à la rencontre, témoignant d’une volonté commune de renforcer la gouvernance concertée des ressources naturelles.
Dans son allocution de bienvenue, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a salué la tenue de cette réunion à Kinshasa, la qualifiant de « symbole du leadership congolais » incarné par le Président Félix-Antoine Tshisekedi dans la coopération régionale et la gouvernance partagée des ressources minières. Il a exprimé le vœu que les travaux se déroulent dans un climat de sérénité et de solidarité au bénéfice des populations de la région.
De son côté, le Secrétaire exécutif de la CIRGL, Ambassadeur Joaô Samuel Caholo, a invité les États membres à renforcer la transparence et la traçabilité dans la gestion des ressources minières, condition indispensable pour en faire un moteur de développement durable plutôt qu’une source d’instabilité et de conflit. Prenant la parole en qualité d’hôte de la rencontre, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a rappelé la nécessité de rompre avec la logique d’exploitation illégale et de faire des minerais un instrument de coopération et non de division. « Nos ressources ne doivent plus être des sources de conflit, mais des moteurs de paix et de prospérité partagée », a-t-il martelé.
Le ministre a également présenté les axes prioritaires que la RDC défendra pendant les deux années de sa présidence à la Conférence des ministres des Mines de la CIRGL. Parmi ces priorités figurent : L’accélération de la mise en œuvre des six outils de l’Initiative Régionale contre l’Exploitation Illégale des Ressources Naturelles (IRRN) ; La création d’une base de données régionale sur les flux de minerais ; L’opérationnalisation du laboratoire régional “Fingerprint AFP” pour l’authentification scientifique des minerais ; Le renforcement de la coopération contre la contrebande et la criminalité minière ; La mobilisation des partenaires techniques et financiers pour appuyer la digitalisation et la bonne gouvernance du secteur extractif.
Placée sous la présidence du ministre de l’Industrie minière et de la Géologie du Congo-Brazzaville, cette 9ᵉ réunion marque une étape clé dans la lutte contre l’exploitation illégale et la contrebande minière dans la région des Grands Lacs. Les ministres ont examiné à huis clos le rapport du Comité régional de la CIRGL sur les ressources naturelles, avant d’adopter un ensemble de recommandations et résolutions destinées à guider les décisions des Chefs d’État lors du Sommet du 15 novembre.
Les conclusions de Kinshasa devraient servir de base stratégique pour la consolidation d’une vision commune des dirigeants africains : faire des ressources naturelles un vecteur de stabilité, de coopération et de développement durable dans la région des Grands Lacs. Un message fort porté par la RDC, qui entend jouer un rôle moteur dans la construction d’une gouvernance minière responsable et intégrée au service de la paix régionale.
Elrick Elesse


