Au lendemain du point de presse tenu par le président Félix Tshisekedi, l’opposant Jean-Marc Kabund a livré une réaction cinglante. Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale devenu critique virulent du régime, les déclarations du chef de l’État constituent un signal d’alarme pour la démocratie et l’unité nationale.
« Hier restera une journée sombre pour notre pays », a-t-il martelé, qualifiant les propos présidentiels d’« insouciance » face à la détresse des Congolais. Sans mâcher ses mots, Kabund a estimé que la nation « s’enfonce davantage dans l’incertitude », que la démocratie est « en péril » et que « l’espoir d’un avenir meilleur s’amenuise de jour en jour ».
Ces attaques font directement écho aux positions exprimées par Félix Tshisekedi, notamment sur quatre sujets brûlants : le dialogue politique, la guerre à l’Est, le processus électoral, et la question d’un éventuel troisième mandat. Si le président a réaffirmé sa volonté de dialogue avec toutes les forces vives, Kabund y voit une manœuvre pour « verrouiller le système ».
Sur la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu et l’Ituri, l’opposant dénonce une « gestion catastrophique » et l’absence de vision claire quant au retour de la paix. L’évocation d’une possible révision constitutionnelle, perçue par certains comme une porte ouverte à un troisième mandat, a été le point de crispation majeur. Kabund a appelé la population à une « levée générale » : « Peuple congolais, levons-nous pour sauver notre pays », a-t-il lancé, dans un ton qui rappelle ses prises de position les plus offensives depuis sa rupture avec l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Pour l’instant, la présidence n’a pas réagi aux accusations de Kabund. Mais dans un climat politique déjà tendu à l’approche des échéances électorales, ces échanges nourrissent les craintes d’une nouvelle crise institutionnelle. La société civile, elle, appelle à la retenue et demande à toutes les parties de privilégier le cadre du dialogue pour sortir le pays de l’ornière.
Danny Ngubaa Yambushi


