La population du territoire de Beni vit dans une psychose permanente face à la recrudescence des crimes et exactions qui ensanglantent la région. Meurtres, enlèvements, braquages et cambriolages, souvent commis la nuit, rythment désormais le quotidien des habitants. Le Forum de Paix de Beni, par la voix de son coordonnateur Justin Matete, tire la sonnette d’alarme et déplore une « légèreté » dans la gestion sécuritaire, en particulier face à la menace persistante des rebelles ADF.
« Le territoire est affecté par des attaques meurtrières attribuées aux ADF. Ce phénomène a refait surface depuis les récentes incursions en Ituri, à Komanda, puis jusque dans la localité d’Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni. Cela démontre une certaine faiblesse dans la gestion de la sécurité nationale », a déclaré Justin Matete au téléphone avec B-One.
Pour le coordonnateur du Forum de Paix, l’insécurité chronique qui ronge Beni s’explique par plusieurs facteurs : la persistance des attaques ADF malgré les opérations militaires engagées depuis plusieurs années ; le régime spécial de l’état de siège, censé renforcer l’efficacité des autorités, mais dont les résultats restent mitigés ; la coordination militaire FARDC–UPDF, qui peine à neutraliser durablement les groupes armés ; la résurgence du banditisme urbain, nourri en partie par des militaires en errance, venus de Goma, qui se retrouvent dans les quartiers avec leurs armes sans encadrement adéquat.
« Malgré les opérations Sokola, l’état de siège et la coopération avec l’armée ougandaise, ce phénomène persiste. À cela s’ajoute le banditisme et la présence de militaires non affectés qui survivent dans les quartiers avec leurs armes, exposant la population à de nouveaux dangers », a insisté Justin Matete.
Cette situation tragique se déroule alors même que les institutions provinciales du Nord-Kivu ont été transférées à Beni depuis janvier 2025, accentuant l’attente des populations vis-à-vis de la restauration effective de la sécurité.
Propos recueillis par Elrick Elesse


