En marge de sa participation au Sommet climatique de la COP30 à Belém do Pará, au Brésil, le président Félix Tshisekedi a déclaré que les processus de Doha et de Washington, deux cadres diplomatiques de négociation pour la paix à l’Est de la République démocratique du Congo, sont sur le point d’aboutir. Lors d’un échange chaleureux avec la diaspora congolaise résidant au Brésil, le chef de l’État a indiqué que les discussions menées sous l’égide du Qatar et des États-Unis devraient déboucher « dans les prochains jours » sur la signature officielle d’un accord de paix.

« Je suis heureux de vous annoncer que les processus de Doha et de Washington vont connaître un aboutissement heureux. Dans peu de temps, la Maison Blanche nous adressera l’invitation officielle pour aller signer l’accord », a déclaré Félix Tshisekedi en lingala, tout en invitant à la prudence et à la vigilance quant à la suite du processus.
Les processus de Doha et de Washington constituent les deux piliers de la diplomatie congolaise actuelle pour la résolution du conflit à l’Est. À Doha (Qatar), les discussions impliquent plusieurs acteurs régionaux, dont le Rwanda et l’Ouganda, avec pour objectif d’obtenir un désengagement militaire du M23/AFC et le retour progressif de l’autorité de l’État congolais dans les zones occupées. À Washington, les négociations menées avec l’appui du département d’État américain visent à consolider les garanties sécuritaires et économiques d’un futur accord, en s’appuyant sur le Concept d’opérations (CONOPS) et l’Ordre opérationnel (OPORD) définis dans les pourparlers de paix.
Selon des sources diplomatiques proches du dossier, la signature de cet accord interviendrait avant la fin du mois de novembre, marquant une étape historique vers une désescalade régionale après plusieurs années de guerre hybride dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Au-delà du dossier sécuritaire, Félix Tshisekedi a profité de son séjour brésilien pour renforcer les liens bilatéraux avec Brasília. Lors d’un tête-à-tête avec le président Luiz Inácio Lula da Silva, les deux dirigeants ont convenu d’élargir la coopération Sud-Sud entre leurs pays.

Les discussions ont porté sur la sécurité alimentaire, la formation agricole, les énergies renouvelables et la coopération militaire. Une équipe conjointe devrait être mise sur pied pour identifier les projets prioritaires dans le domaine agricole et minier. Le chef de l’État congolais a salué « la vision solidaire du Brésil, un pays frère du Sud qui comprend les défis africains en matière de développement durable ».
Pendant que la diplomatie avance, les combats se poursuivent dans plusieurs localités du territoire de Masisi, où les rebelles du M23/AFC affrontent les groupes d’autodéfense Wazalendo. Dans le territoire voisin de Walikale, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont lancé une campagne de sensibilisation à la reddition volontaire des combattants des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), encore actives dans plusieurs localités reculées. Cette initiative, pilotée par le lieutenant-colonel Tassy et supervisée par le major Dieudonné Kasereka, vise à encourager ces combattants à rejoindre le programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDRCS), afin d’assécher les foyers d’instabilité dans la région.
L’annonce de Félix Tshisekedi suscite un mélange d’espoir et de prudence. Alors que les pourparlers internationaux progressent, la situation militaire sur le terrain reste tendue. Si l’accord annoncé devait se concrétiser, il marquerait la première avancée diplomatique majeure depuis l’échec du processus de Nairobi, et pourrait redéfinir les rapports entre Kinshasa, Kigali et les puissances partenaires.
Mais pour beaucoup d’observateurs, la paix véritable ne se signera pas à Washington, mais dans les collines du Nord-Kivu, là où vivent les victimes quotidiennes de la guerre.
Junior Kulele


