La tension politique est montée d’un cran en ce mi-décembre. Entre l’annonce de la disparition d’un cadre de l’ancien régime à Kinshasa, Emmanuel Ramazani Shadary et des perquisitions ciblées dans le Tanganyika chez Mwando, l’opposition dénonce une dérive autoritaire et une violation des droits fondamentaux pendant que l’opinion publique observe une crispation alors que les uns et les autres appellent à un dialogue au pays.
Inquiétudes autour de Ramazani Shadary
L’alerte a été donnée tard dans la matinée du mardi 16 décembre par le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). Selon les instances de ce parti, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent et ancien candidat à la présidentielle de 2018, aurait été enlevé à Kinshasa par des hommes non identifiés. Bien que les autorités sécuritaires n’aient pas encore communiqué officiellement sur cette interpellation, le camp de l’ancien Président de la RDC dénonce une « méthode brutale » visant à décapiter les structures de l’opposition dans un moment de forte fragilité nationale.
L’affaire Christian Mwando : l’immunité en question
Simultanément, la province du Tanganyika est au cœur d’une vive polémique après la perquisition effectuée au domicile du député national Christian Mwando Nsimba, cadre du parti Ensemble pour la République. Cette opération, menée dans un contexte de renforcement des mesures sécuritaires provinciales, est perçue par ses proches et par les juristes de l’opposition comme une violation flagrante de l’immunité parlementaire. Pour l’opposition, ces actions ciblées dans le Grand Katanga visent à museler les voix critiques sous couvert de lutte contre l’infiltration ennemie.
Une opposition qui dénonce un acharnement
Pour les acteurs de l’opposition, ces événements successifs témoignent d’un rétrécissement de l’espace démocratique. Ils pointent du doigt une confusion volontaire entre la nécessaire vigilance sécuritaire face à l’agression du M23 et la répression des adversaires politiques internes. Alors que le pays appelle à l’unité nationale pour faire face à la guerre dans l’Est, ces tensions politiques risquent de fragiliser davantage le front intérieur.
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