À moins de trois semaines de l’échéance fixée par la Coalition Article 64 (C64), le président de l’ECiDé, Martin Fayulu, hausse le ton. Invité d’un Space sur X animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’opposant a réaffirmé son attachement à un dialogue national inclusif tout en mettant en garde contre une reprise des actions de la coalition si aucune initiative concrète n’est prise d’ici au 15 août.
Pour Martin Fayulu, l’ouverture d’un dialogue ne constitue pas une nouvelle revendication, mais une exigence de longue date destinée à trouver une solution durable aux multiples crises que traverse la République démocratique du Congo. Selon lui, ces assises devraient permettre d’aborder sans tabou les questions politiques, sécuritaires, institutionnelles et sociales qui fragilisent le pays.
Le leader de l’ECiDé a rappelé que la Coalition Article 64 fonde sa démarche sur trois priorités qu’elle considère comme des lignes rouges : préserver l’intégrité territoriale de la RDC, rejeter toute initiative visant à modifier la Constitution et organiser un dialogue véritablement inclusif réunissant les différentes composantes de la nation.
À ses yeux, seule une concertation nationale de grande ampleur permettra de s’attaquer aux causes profondes des tensions qui secouent le pays depuis plusieurs années. Martin Fayulu a indiqué que la Coalition attend désormais un signal des autorités avant le 15 août. À défaut d’une convocation officielle du dialogue, il affirme que la C64 reprendra ses activités de mobilisation.
L’opposant s’est dit déterminé à poursuivre cette dynamique, malgré les risques de tensions ou de répression qu’il estime possibles. Il considère que la population congolaise est de plus en plus mobilisée pour réclamer des changements politiques et institutionnels. Sur la composition des futures assises, Martin Fayulu plaide pour une approche sans exclusion. Il estime que toutes les parties impliquées dans la crise congolaise devraient être représentées autour de la même table.
Dans cette logique, il cite notamment le mouvement AFC/M23, qu’il considère comme un acteur du conflit devant participer aux discussions si l’objectif est de parvenir à une paix durable. Il évoque également d’autres personnalités liées aux crises sécuritaires, estimant qu’une solution politique exige la participation de tous les protagonistes concernés. Selon lui, limiter le dialogue aux seuls acteurs institutionnels risquerait d’en réduire la portée et l’efficacité.
Martin Fayulu a également exprimé sa confiance envers les responsables religieux pour accompagner l’organisation du dialogue. Faisant référence à l’expérience de la Conférence nationale souveraine, il estime que les Églises, notamment la CENCO et d’autres structures ecclésiales, disposent de la légitimité nécessaire pour faciliter les échanges et garantir un cadre crédible aux discussions.
En conclusion, le président de l’ECiDé a insisté sur le fait que l’avenir de la République démocratique du Congo devait primer sur les intérêts individuels ou partisans. Réaffirmant son opposition à toute forme de balkanisation du pays, il a dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation des souffrances des Congolais à des fins politiques.
Cette prise de position intervient alors que les discussions autour d’un dialogue national inclusif occupent une place grandissante dans le débat politique congolais. Reste à savoir si les consultations annoncées par les autorités permettront de rapprocher les différentes parties avant l’échéance du 15 août fixée par la Coalition Article 64.
JK


