La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle poussée inquiétante de la maladie à virus Ebola. Alors que les autorités sanitaires multiplient les messages d’alerte et de sensibilisation, l’épidémie continue de gagner du terrain dans l’Est du pays, particulièrement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Lors d’un briefing de presse tenu lundi 18 mai à Kinshasa, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dressé un tableau préoccupant de la situation sanitaire. Selon les chiffres communiqués, les dernières données du ministère de la Santé font état d’une aggravation rapide de la situation, avec désormais 131 décès et plus de 513 cas suspects enregistrés dans les zones affectées.
Initialement concentrée dans certaines localités de l’Ituri, l’épidémie touche désormais plusieurs grandes agglomérations stratégiques du Nord-Kivu. Les autorités sanitaires ont confirmé l’apparition de nouveaux cas suspects dans les zones de santé de Katwa et de Goma, tandis que la ville de Butembo serait également concernée par la propagation du virus. Cette extension géographique inquiète particulièrement les services sanitaires en raison de la forte densité démographique et de la mobilité importante des populations dans cette région de l’Est du pays.
« Nos équipes sont en train d’identifier des cas suspects. Tous les décès signalés font encore l’objet d’analyses afin de confirmer leur lien avec Ebola », a expliqué Patrick Muyaya.
L’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a confirmé, après séquençage, le retour de la souche Bundibugyo, une variante du virus Ebola déjà identifiée en Afrique centrale par le passé. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, s’est toutefois voulu rassurant en soulignant que cette souche est considérée comme « moins létale que la souche Zaïre », historiquement responsable des flambées les plus meurtrières dans la région.
Selon lui, les équipes médicales, les unités de surveillance épidémiologique ainsi que les dispositifs de riposte sont déjà mobilisés dans les zones affectées afin de limiter la chaîne de transmission. Les autorités sanitaires rappellent que plusieurs signes doivent immédiatement alerter la population : forte fièvre ; fatigue intense ; maux de tête ; douleurs musculaires ; vomissements ; diarrhée ; saignements dans certains cas avancés.
Le gouvernement appelle toute personne présentant ces symptômes à se rendre rapidement dans une structure sanitaire ou à signaler le cas aux services compétents. Face à la montée des inquiétudes et à la circulation de nombreuses rumeurs sur les réseaux sociaux, le gouvernement insiste sur la nécessité d’éviter la panique. Patrick Muyaya a rappelé qu’Ebola « n’est pas une maladie mystique », mais une maladie virale qui peut être combattue grâce au respect strict des mesures sanitaires.
Les autorités recommandent notamment :
le lavage régulier des mains à l’eau et au savon ;.l’utilisation de solutions à base de cendre ou de chlore ; le port du masque dans les zones à risque ; l’évitement des contacts physiques ; la prudence dans la manipulation des corps ; l’interdiction de consommer de la viande insuffisamment cuite ou boucanée. L’évolution rapide de l’épidémie commence également à susciter des réactions à l’international. Les États-Unis ont annoncé le renforcement des contrôles sanitaires à leurs frontières après qu’un ressortissant américain aurait contracté la maladie.
Cette situation ravive le souvenir des précédentes flambées d’Ebola qui avaient durement frappé l’Est de la RDC entre 2018 et 2020, provoquant des milliers de morts et mettant sous pression le système sanitaire national. Aujourd’hui encore, les autorités congolaises tentent de conjuguer riposte médicale, sensibilisation communautaire et lutte contre la désinformation afin d’éviter une nouvelle catastrophe sanitaire dans une région déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements massifs de populations.
JK


