La République démocratique du Congo poursuit sa lutte contre l’épidémie d’Ebola qui continue d’affecter certaines régions de l’est du pays. Si la situation semble désormais circonscrite à trois provinces, les autorités sanitaires appellent à la vigilance face à une maladie qui demeure particulièrement meurtrière. Lors d’un briefing de presse tenu ce jeudi 4 juin à Kinshasa, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, a présenté un état des lieux de la situation épidémiologique à travers le pays.
Selon les chiffres communiqués, seuls l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu restent actuellement touchés par la maladie. La province de l’Ituri demeure de loin l’épicentre de l’épidémie, avec plus de 80 cas enregistrés. « La plus touchée est l’Ituri avec plus de 80 cas », a indiqué le ministre. Le bilan global communiqué par les autorités sanitaires fait état de 381 cas confirmés depuis le début de la flambée épidémique. Parmi eux, 63 personnes ont perdu la vie des suites de la maladie.
À ce jour, 233 cas demeurent sous surveillance, qu’il s’agisse de patients déjà isolés ou de personnes en attente des résultats de laboratoire. Ces chiffres illustrent l’ampleur du travail qui reste à accomplir pour interrompre totalement la chaîne de transmission du virus. La maladie a touché au total 25 zones de santé à travers les trois provinces affectées. L’Ituri concentre à elle seule 17 zones de santé touchées, contre 7 au Nord-Kivu et une seule au Sud-Kivu.
Cette répartition confirme que les efforts de riposte restent principalement orientés vers l’Ituri, où les équipes médicales poursuivent les opérations de surveillance, de sensibilisation et de prise en charge des malades. Afin d’accélérer le diagnostic et la prise en charge des cas suspects, les autorités sanitaires ont renforcé leurs capacités d’intervention sur le terrain. Un laboratoire a notamment été installé à Mungwalu, permettant d’effectuer les analyses directement dans la zone affectée.
Selon le ministre de la Santé, les résultats des tests sont désormais disponibles dans un délai de 24 heures, un atout majeur pour isoler rapidement les cas positifs et limiter la propagation du virus. Si des progrès sont enregistrés, le gouvernement reconnaît que la surveillance épidémiologique reste l’un des principaux défis de la riposte.
Actuellement, le taux de suivi et de traçage des contacts est estimé à 55 %. Un niveau jugé insuffisant par les autorités sanitaires qui ambitionnent d’atteindre au moins 90 %, seuil considéré comme essentiel pour casser efficacement les chaînes de transmission.
« Nous sommes à 55 % de surveillance de traçage. L’objectif est d’atteindre 90 % », a souligné le Dr Samuel Roger Kamba.
Alors que les équipes médicales poursuivent leurs interventions dans les zones affectées, les autorités sanitaires rappellent que la vigilance communautaire, la détection précoce des cas suspects et le respect des mesures de prévention demeurent les armes les plus efficaces pour mettre fin à cette nouvelle flambée d’Ebola en République démocratique du Congo.
JK


