Kinshasa s’apprête à vivre une saison politique majeure avec l’élection imminente du nouveau président du Bureau de l’Assemblée nationale. Au sein de l’Union sacrée de la Nation (USN), la plateforme qui soutient le président Félix Tshisekedi, l’heure est aux calculs et aux ambitions, dans un climat marqué par de fortes rivalités internes.
Dans un communiqué publié jeudi 23 octobre, le secrétaire permanent de l’Union sacrée, le professeur André Mbata Mangu, a lancé officiellement l’appel à candidatures. Les députés membres de la majorité présidentielle disposent jusqu’à ce vendredi 24 octobre à 11h00 pour déposer leurs dossiers, comprenant notamment une lettre de motivation, un curriculum vitae et deux photos passeport.
Une fois les candidatures reçues, elles seront soumises à la Haute Autorité politique de l’Union sacrée, seule compétente pour désigner le candidat officiel de la coalition au poste de président de l’Assemblée nationale. Cette élection fait suite à la démission de Vital Kamerhe, survenue il y a près d’un mois, après une série de pétitions internes exigeant son départ. Depuis, la course à sa succession s’est ouverte, attisant les convoitises au sein du camp présidentiel.
Parmi les prétendants déclarés figurent Willy Mishiki et Christophe Mbose, tandis que le nom d’Aimé Boji, ancien ministre de l’Industrie, revient avec insistance. Ce dernier a quitté le gouvernement Suminwa II le 20 octobre dernier pour réintégrer l’hémicycle, un geste perçu comme une préparation stratégique à sa candidature. Mais au-delà des profils, l’enjeu de cette élection dépasse la simple compétence parlementaire. Elle met en lumière les équilibres politiques et géopolitiques au sein de la majorité, où chaque courant entend peser dans la désignation du futur président du perchoir.
Une chose est sûre : l’Union sacrée, pilier du pouvoir de Félix Tshisekedi, joue ici une partie déterminante pour maintenir son unité — ou exposer ses fractures.
Emille Kayomba


