En déplacement à New York pour prendre part à la 80ᵉ Assemblée générale des Nations-Unies, le président Félix Tshisekedi a réagi pour la première fois à la démission de Vital Kamerhe de la présidence de l’Assemblée nationale. Devant la presse, le Chef de l’État a tenu à marquer sa distance, qualifiant l’affaire de « cuisine interne » de l’institution parlementaire.
« J’avais récemment réuni les responsables des grandes institutions pour rappeler la nécessité d’une rentrée parlementaire apaisée et sereine. Mais chaque institution a son propre mode de fonctionnement. Les députés ont décidé de défier leur président, cela relève de leur cuisine interne. Mon rôle est de garantir que les droits de tous soient respectés et que la stabilité de l’Assemblée soit préservée », a expliqué Félix Tshisekedi lors d’un déjeuner de presse.
S’il affirme avoir appris la nouvelle comme « tous les Congolais », le Chef de l’État s’est voulu rassurant sur la relation qui l’unit encore à son allié de 2018. « Vital Kamerhe reste mon frère et mon partenaire, sauf s’il choisit lui-même une autre voie. Je ne suis pas à l’origine de sa démission ni de ses difficultés. Je continue à le considérer comme un allié », a-t-il insisté.
Reste que cette démission, survenue à la veille de l’examen du rapport de la commission spéciale chargée des pétitions visant plusieurs membres du Bureau, nourrit les spéculations sur un éventuel désengagement tacite de Tshisekedi vis-à-vis de son compagnon de route. À l’opposition, certains dénoncent une « mise en scène » orchestrée par l’Union sacrée pour renforcer son contrôle sur la chambre basse.
Pour sa part, Vital Kamerhe a justifié son choix par la volonté de se concentrer sur « l’essentiel : la paix », une formule qui ne dissipe pas les doutes quant à l’avenir de son alliance politique avec Félix Tshisekedi.
Emille Kayomba


