Dans un contexte de tension extrême marquée par l’agression rwandaise via les rebelles du M23 dans l’Est de la RDC, le Gouvernorat du Tanganyika a pris une série de décisions radicales. L’objectif est clair : verrouiller la province pour empêcher toute infiltration et garantir la paix sociale dans cet espace stratégique du Grand Katanga.
Dispositif sécuritaire renforcé sur terre et sur l’eau
Pour parer à toute éventualité, le gouvernement provincial a ordonné l’intensification immédiate des patrouilles de combat par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) sur toute l’étendue du territoire. Ce déploiement militaire s’accompagne d’un contrôle rigoureux des voies de communication. Ainsi, le trafic lacustre entre le Sud-Kivu et le Tanganyika est désormais fermé, tout comme les aérodromes de Kanunka à Manono et de Kisengo à Nyunzu. Par ailleurs, les postes frontaliers font l’objet d’un renforcement de surveillance sans précédent pour filtrer les entrées et sorties.
Contrôle des mouvements et restrictions nocturnes
La vie quotidienne dans la province, et particulièrement à Kalemie, est désormais rythmée par des mesures restrictives strictes visant à limiter les mouvements suspects. Des check-points ont été érigés à travers la ville et la circulation des véhicules aux vitres teintées est désormais formellement interdite. Pour assurer la tranquillité publique durant la nuit, les autorités ont instauré une interdiction de circuler pour les motos et les piétons au-delà de 22h00. Cette restriction temporelle s’applique également aux activités religieuses, les cultes nocturnes devant impérativement cesser après cette heure.
Mobilisation sociale et vigilance citoyenne
Au-delà des forces de l’ordre, le Gouvernorat mise sur une implication directe de la population dans la défense de l’intégrité provinciale. Tous les rassemblements de masse et manifestations sont suspendus jusqu’à nouvel ordre pour éviter tout débordement. Sur le plan communautaire, les autorités ont ordonné la réorganisation du système « Nyumba Kumi » afin que chaque cellule de dix maisons devienne un maillon de la chaîne de renseignement.
Enfin, un appel solennel a été lancé pour une sensibilisation mutuelle entre les différentes couches sociales. La population est invitée à faire preuve d’une vigilance accrue contre la désinformation et les rumeurs, tout en gardant le réflexe d’alerter systématiquement les services de sécurité en cas de présence de personnes ou de mouvements suspects dans leurs quartiers respectifs.


