Dans une guerre, toutes les batailles ne se livrent pas avec des armes. Certaines se gagnent ou se perdent désormais derrière un écran. En RDC, l’État-major général des FARDC alerte sur une autre forme de menace : la bataille numérique autour de l’image des militaires et des officiers.
L’armée congolaise dénonce la multiplication, sur les réseaux sociaux, de contenus qui encensent certains officiers tout en s’attaquant violemment à d’autres. Vidéos, publications, montages et commentaires circulent sur Facebook, YouTube ou TikTok, donnant parfois naissance à des « héros » et à des « ennemis » fabriqués par l’opinion numérique.
Lors d’une communication avec la presse, le porte-parole intérimaire des FARDC, le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba, a appelé les internautes à la prudence. Pour l’État-major, l’armée ne peut devenir un espace de compétition médiatique où la popularité sur internet déterminerait qui mérite les honneurs ou qui doit être désigné comme responsable.
Le problème, selon les FARDC, dépasse la simple polémique virtuelle. Une campagne de glorification d’un officier peut, lorsqu’elle s’accompagne du dénigrement d’un autre, créer l’impression de rivalités au sommet de la hiérarchie militaire. À terme, cette bataille d’images pourrait affecter la cohésion de l’institution et surtout le moral des militaires engagés sur les différents fronts.
L’État-major s’inquiète également de la diffusion d’informations non vérifiées, d’accusations sans preuves et de contenus présentés comme des faits alors qu’ils reposeraient sur des sources incertaines. Dans cet environnement où une vidéo peut devenir virale en quelques minutes, la vitesse de diffusion peut parfois dépasser celle de la vérification.
Les FARDC rappellent donc que l’évaluation des performances, du mérite et des responsabilités des officiers relève de la hiérarchie militaire et non des campagnes orchestrées sur les plateformes numériques. Cette sortie intervient dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place croissante dans la perception de la guerre en RDC.
Images du front, déclarations d’officiers, analyses d’internautes, témoignages et rumeurs s’y mélangent quotidiennement. L’information est devenue un terrain d’affrontement à part entière. Pour l’armée, la liberté d’expression ne dispense pas de responsabilité. Critiquer, analyser ou commenter reste possible, mais à condition de distinguer les faits des rumeurs et l’information de la propagande.
Le message de l’État-major est donc double : aux internautes, vérifier avant de partager ; aux militaires, ne pas se laisser entraîner dans les rivalités numériques. Car sur le front comme sur internet, une information mal maîtrisée peut produire des dégâts bien réels. Et dans une armée engagée dans une guerre, le moral des troupes est lui aussi une ligne de défense qu’il faut protéger.
La rédaction de b-onetv.cd


