La scène a des allures de polar. Une traversée clandestine, en pleine nuit, sur les eaux sombres du fleuve Congo. Une tentative avortée. Et au bout, une interpellation qui relance un dossier judiciaire déjà sensible. L’ancien président de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central, Papy Mantezolo Diatezua, a été arrêté à Kinshasa alors qu’il tentait de rejoindre Brazzaville à bord d’une pirogue, selon des sources proches du dossier.
L’interpellation est intervenue du côté de la Gombe, peu après son débarquement. L’élu de Luozi, déjà recherché par le Parquet général près la Cour de cassation, n’aurait pas réussi à mener à bien sa tentative de fuite. Un geste qui pourrait lourdement peser dans la suite de la procédure. Car au-delà des faits initiaux, c’est désormais la qualification même du dossier qui évolue.
Selon les mêmes sources, Papy Mantezolo Diatezua pourrait être jugé en procédure de flagrance. En cause : un possible « délit de fuite », mais aussi une tentative présumée d’obstruction à la justice. Le fait d’avoir tenté de quitter le territoire, de manière discrète et nocturne, renforce les soupçons à son encontre. Ce lundi, l’ancien président de l’organe délibérant du Kongo-Central devrait ainsi comparaître devant son juge naturel. Une comparution rapide, caractéristique de la procédure de flagrance, généralement appliquée lorsque les faits sont jugés évidents ou viennent d’être commis.
Désormais, l’affaire entre dans une phase décisive. Entre tentative d’évasion et exigence de reddition des comptes, le dossier Mantezolo s’annonce comme un nouveau test pour la justice congolaise, déterminée à faire prévaloir le droit face aux zones d’ombre.
JK


