Le gouverneur de la province du Haut-Katanga, Jacques Kyabula, a été rappelé à Kinshasa par le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, pour une consultation urgente.
Selon un message officiel émis par le VPM, Kyabula dispose d’un délai de 48 heures, toute affaire cessante, pour se présenter dans la capitale. Le document invite l’autorité provinciale à prendre toutes les dispositions nécessaires pour répondre positivement à cette convocation, dans le cadre, officiellement, de la collaboration entre les gouvernements provincial et central.
Bien que la lettre parle de « consultation », ce type de rappel est souvent interprété dans les cercles politiques comme le signe d’un malaise latent entre Kinshasa et certaines autorités provinciales.
Ce rappel intervient quelques jours après un discours controversé de Jacques Kyabula, tenu lors d’un meeting organisé le 30 juin 2025, à l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance de la RDC. À cette occasion, le gouverneur s’est montré particulièrement conciliant à l’égard de l’ancien président Joseph Kabila ainsi que de Corneille Nangaa, figure politique associée au mouvement M23/AFC, actuellement engagé dans la rébellion qui contrôle des parties des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Bien que Joseph Kabila conserve une influence politique dans le Haut-Katanga, son association présumée avec des mouvements rebelles, tout comme celle de Nangaa, reste un sujet hautement sensible dans le contexte sécuritaire actuel. Les déclarations de Kyabula sont donc perçues par certains analystes comme un signe d’ambiguïté ou de dissonance politique au sein même de la majorité présidentielle.
Alors que les spéculations vont bon train, de nombreux observateurs voient dans cette convocation plus qu’un simple échange administratif. L’issue de cette consultation, conduite par Jacquemain Shabani, pourrait marquer un tournant dans les équilibres politiques au sein du Haut-Katanga et, plus largement, au sein de la plateforme de l’Union sacrée.
Emille Kayomba


